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Le premier regard posé sur la pochette de Jumping The Shark, premier album de Alex Cameron réédité chez Secretly Canadian deux ans après une sortie passée totalement inaperçue, interpelle immédiatement. Que peut-il se cacher derrière ces lunettes dignes de Tony Gualtieri dans les Sopranos, ce visage marqué et ce teint blafard ?

Une drôle d’hybridation physique entre le jeune Nick Cave et le David Bowie qui déambulait au côté de Catherine Deneuve en couple de vampires chics 80’s dans The Hunger, Les Prédateurs en français, sorti en 1983 et réalisé par Tony Scott.

La bande-annonce du film se concluait en lettre rouge sang sur ces mots : Haunting , Mysterious, Sensual, Strange, Perverse, Riveting. Je pourrais arrêter là, et l’essentiel serait dit. Jumping The Shark de Alex Cameron, aussi court soit-il (8 chansons, 32 minutes), est tout çà.

L’influence du milieu des années 80 se retrouve au niveau musical tant les claviers très présents dès l’inaugural Happy Ending et le probablement autobiographique The comeback au milieu du disque nous renvoie vers cette époque. Ce premier morceau donne également un premier aperçu sur la voix habitée, presque hantée de Alex Cameron. Son talent à créer au sein de ses textes, des personnages et des récits figuratifs comme Nick Cave en a le secret, y transparait et se confirme sur Gone South, aux arrangements denses, étranges, et sur l’étrange balade alcoolisée et douce-amère Real Bad Looking.

She’s mine, qui ouvre la seconde moitié du disque, accélère le rythme le et offre une forme synthé-pop dansante, à la fois sensuelle et accrocheuse.

La dernière ligne droite du disque débute sur le contemplatif Internet, dérive hypnotique et ultra-contemporaine à l’incarnation distanciée avant que la voix de Alex Cameron déploie tout son potentiel de crooner romantique et étrangement inquiétant sur Mongrel, un des morceaux les plus aboutis du disque dans sa composition, ses arrangements et la perversion insidieuse de son texte inquiétant et romantique.

(…) She just wanted to hold his heart , In her hands for a while,

Drops of blood in a green glass vial

He could tell her a thousand times , Not to stare when he gets wild

Drops of blood in a green glass vial (…)

(…) In the evening marauders came, A fear was on her breath,

My sweet girl so scared you forgot about death

Death is the pulse in your eye on your very last breath (…)

Et même si Alex Cameron, comme il le chante en conclusion du retors et totalement obsessionnel Take Care Of Business est à peine la moitié de l’homme qu’il aurait souhaité être (« I ain’t half the man I wanted to be »), cette moitié-là signe un disque purement diabolique. Et à bien y penser, mieux vaut laisser planer le doute sur ce que cache la seconde moitié...




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