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Il y a dans nos vies des instants durs que l’on ne ressent que quand les instants doux existent, et c’est entre ce chien et loup que l’on reconnait l’emblème de la paix, dans ces limbes sous nos paupières. Là nait le sentiment, là se forgent colères ( Again) ou se tissent nos passions (Bells). Almeeva est le son de cet instant, l’image de cet espace. Almeeva, tapisse les murs de ce lieu de vives couleurs qui semblent échapper aux matières, le don frénétique de répéter jusqu’à être hymne le battement du cœur et sa légion de soupirs, de dompter nos veines et leurs cohortes de sens. Ce son, pris dans le piège de la matière, devient l’objet "Oblite", un terme latin proche d’obsolète, chose rare pour un essai si futuriste, un contraste épais mais intelligent, car cette zone zéro de nous où se pavanent leurs chansons, cette area entre comprendre et se méprendre, est par classicisme, une attente latente de lendemains. Voyager dés-lors dans ces thèmes plus instrumentaux que chants est une entrée en matière, une invasion de notre matière, une introspection de nos âmes, un passe partout de notre biographie. Là réside le talent de cet artiste parisien, l’art de nous porter de sons en sons, de notes en notes, jusqu’à la racine de nous, jusqu’à la raison de nos excitations (Dissolver) ou de nos défaites (Part Fiction). Pour arriver à nous faire de petits blitzkrieg en nous, il opte dans Oblite pour un son peut être un peu plus sale qu’avant, usant du contraste limpide-écorché, puisant toujours son énergie dans la mécanique répétitive de l’électro, mais crissant quelques cordes, et célébrant l’humanité de leur existence en reprenant merveilleusement le "There’s a light" des Smiths, en tentant l’émotion synthétique avec assez de réussite. Oui, ceci est certainement le son qui défini le mieux ce passage spirituel d’un baiser a un adieu, d’une liesse a une hyène, ce moment entre jour et nuit où la lumière est bipolaire et la respiration hachée, instant où les yeux n’ont aucun besoin de voir ni les mains d’accrocher pour savoir du volume de l’émotion, de ses dimensions et perspectives, cet art que Trisomie 21 peignait comme Rubens, et que Almeeva peint comme Pollock.




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