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Homme derrière une bonne partie du succès de PJ Harvey, comme Eno et Lanois peuvent l’être derrière celui de U2, John Parish a le don de savoir s’entourer ou plutôt le goût des belles rencontres, celles avec lesquelles il sait qu’il pourra gagner artistiquement autant qu’il pourra apporter à l’artiste. C’est avec une musicienne britannique d’origine libanaise que nous le retrouvons. Sortant à peine d’un disque de Polly Jean qui traitait des affres d’un monde en perte d’axe, le voici avec Nadine Khouri dont les chansons sont souvent décrites comme une musique née d’une forme de statut d’étrangère éternelle.

L’album a été enregistré à la fois dans une paroisse, mais également dans un studio pour les voix. On imagine le contexte, la lumière produite par des bougies et un recueillement quasi de tous les instants. Sur "The Salted Air" on se promène comme dans un magasin de porcelaine, et la chanson titre est certainement la pièce maitresse qu’il est bon d’écouter, les oreilles vierges des bruits extérieurs. Rares sont les moments comme sur "Daybreak" et sa rythmique presque militaire, à insuffler une dynamique (une marque de fabrique de john Parish donne à ce titre une dynamique connue, et la présence à la batterie de Jean-Marc Butty ne laisse pas planer le doute sur les connexions)

Si les ambiances ne sont pas sans rappeler les morceaux les plus ascétiques de Portishead, les constructions des morceaux pourraient-elles trouver des points de convergences avec les Tindersticks. Comme chez Stuart Stapple Nadine évite la grandiloquence sans jamais tomber dans un dénuement inspiré par des lieux saints où les volontés de se débarrasser du superflu se forgent. On retrouve également chez Nadine les sillons tracés par Tarnation sur son "Gentle Creatures", la country envahissante en moins.

Indéniablement c’est l’ombre avec la belle du Dorset qui plane au-dessus de ce disque et « Shake it Like a Shaman » en est peut-être le moment le plus gênant. Ailleurs Nadine arrive à prendre sa part de lumière quand son écriture a elle seule suffi à sublimer une voix tout aussi sensuelle que prenante.

Ironie de ce disque il se termine par « catapult » comme pour nous renvoyer au début du disque, ou nous projeter vers un ailleurs, un rêve éveillé. Chanson sur un fil, chanson à l’économie et à la fragilité pas si évidente, car il faut une vraie forme d’assurance pour imposer des temps aussi marqués.




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