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J’avais le souvenir d’un disque de Cat Power, Chan Marshall seule dans la nature perdant ses chansons comme un reptile perd ses mues qui raconteront des histoires à ceux qui les trouveront. Il y a eu dernièrement Yann Tiersen, face à l’océan, miroir déformant et aimant imparable pour des désirs d’ailleurs. Pour son nouvel EP l’Effondras a décidé d’enregistrer dans la nature, comme un témoignage d’une expédition sonore et sonique au gré des reliefs et des zones de floraisons. Le trio semble vouloir fuir le silence en se pliant aux lois de la nature, réussissant un dialogue avec les effets du vent, piétinant même l’idée que cette musique devait être l’apanage des structures urbaines.

La marche est présente, il suffit de marcher en écoutant cette musique pour comprendre que le pas est un des moteurs, des inspirateurs de la rythmique. Le disque se déguste comme on déguste une randonnée sur la côte basque par exemple, aspirés que nous sommes par les entrelacs qui nous promettent un horizon nouveau, des senteurs autres, des visions. La discussion qui s’installe sur ce EP est celle entre des éléments maitrisés, la musique surtout, et une nature sauvage, donc imprévisible et capable d’influencer le cours des choses.

Si dessus ces paysages l’ombre tutélaire de Mogwaï est évidente, elle ne recouvre pas totalement le prisme que le trio dessine au grès de son escapade, nous prenant toujours par surprise ( Les rayons de cendre) le temps de cette excursion aux multiples virages et visages.

Si la Couleur n’est pas dorée et brillante, elle scintille pourtant de mille feux via des flammèches, filles du brasier incandescent qu’est ce disque, un brasier qui saura toujours respecter la nature environnante pour ne pas la réduire en cendre. Un disque d’une grande maitrise.




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