> Critiques > Labellisés



Dans l’intense et toujours hautement recommandable activité du label Petrol Chips sur ce premier semestre 2018, David Litavicki aka Bleu Russe nous présente ses Missives d’Amour sous forme de mixtape. De cette dénomination dont il faut parfois se méfier (une bonne excuse à l’air du streaming de masse pour coller tout et n’importe bout à bout pendant une heure en espérant que dans le tas un truc accroche l’attention), il faut ici retenir la dimension positive à savoir l’idée euphorisante de regrouper des influences musicales variées, des formats et des tonalités différents mais également des personnalités d’horizon multiples. Une sorte d’idée du collectif qui s’impose comme un des piliers de l’identité du label.

En effet, certains des featuring qui apparaissent sur ces Missives d’Amour ont croisé la route de Bleu Russe sur le dernier album de Lomostatic. On pense ici notamment à Gontard qui pose sa voix et sa rage contestataire sur Dard mortel au son rêche et intense, comme les boucles de guitares et de basses rythmiques lourdes qui accompagnent Monsieur Connard sur L’orage gronde, deux titres sur lesquels les textes décrivent avec brio le combat ordinaire du quotidien, ligne de force qui resurgira sur d’autres titres comme sur le brulot Lavabo avec Rural ou le brillant et sans appel Les pires excuses du monde sont toujours les seules valablesJulien Lhuillier pose sa batterie sur des beats addictifs.

Si le propos de fond est empreint de sérieux, il y a en contrepoint un réel plaisir ludique voir par instant carrément burlesque à l’écoute des 19 titres qui composent ces Missives d’Amour, plaisir qui tient soit par le format réduit à ceux de Haïku des 4 interludes où encore des trouvailles sonores qui distordent les voix et cassent les rythmiques comme sur Du pain par exemple.

Il y a également, et peut-être même surtout, un versant éminemment lumineux sur l’onirique Une ombre géante aux inflexions de dream-pop doucement hallucinée. Cette inclinaison ensoleillée tangente l’absolu romantisme sur Manowar, slow de l’été 2018 qui voit Lynhood et l’indispensable Olivier Depardon nous émoustiller, et réveiller en nous des rêves les plus moites que la voix et le charme foudroyant et irrésistible de Rouge Renarde avait déjà pour le moins titillé un peu plus tôt sur le torride Arôme cyprine, assurément un des tubes de l’année.

Au final, l’ensemble est à la fois d’une grande variété, d’une extrême cohérence ce qui fait de Missives d’Amour, allez, lâchons un gros mot, un ALBUM foutrement réjouissant et absolument addictif.

NB : à noter que Bleu Russe sera à l’affiche du Chips Fest que le label organise le 7 juillet et dont l’affiche promet une bien belle séance de transpiration collective. Commence à chercher ton excuse pour ne pas y être si tu es dans les parages début juillet…vas-y cherche pire….

https://www.facebook.com/events/183286905822277/




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.