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Une pochette qui semble avoir été chapardée dans l’atelier de David Lynch, des origines qui ne sont pas sans nous briser le cœur depuis quelques années, et un label qui depuis 20 ans continue à nous bousculer sur nos certitudes, à nous surprendre en se construisant sans aucun plan, juste avec un truc qui bat dans la poitrine et avec les réceptacles de l’épiderme (c’est marrant, mais ici nous avons les mêmes capteurs.).

Il n’en fallait pas plus pour que nous jetions sur l’écoute de ce premier album de Zalfa, chanteuse (réalisatrice et comédienne à ses heures) franco Syrienne, Zalfa évoque tout à la fois les sonorités d’un orient rêvé (Taa) que celles plus électriques d’une Europe triste de son île fantastique qui nous quitte.

« Fi Dam » n’est pas un disque qui s’écoute en dilettante, comme nous pouvons le faire avec le flux pas toujours très renouvelé de la musique contemporaine. Il s’écoute en pleine conscience et en concentration, et c’est à son contact que nous aurons le loisir de quitter l’endroit où nous serons, les chansons comme des appels aux rêves, au dépassement, et toujours avec des étoiles dans la tête, les nuages semblant n’être ici que des moyens locomotions pour mieux scruter les étoiles que le disque colle dans le ciel (vous n’êtes pas là de redescendre après l’écoute de « Lovelier Girls »). Pourtant, les premières secondes de « Ma Sar » pouvaient nous tromper, comme une plongée dans les affres séminales de "What Would Commuty Think ", mais rapidement, il y a quelque chose de tout aussi joyeux que mélancolique qui nous emporte.

Elle, qui touche souvent les expatriés est plus que prégnante sur « Law Ma » qui cache derrière des trouvailles d’arrangement de Marc Codsi (son compagnon) l’évidence d’un lien qui en se resserrant sur un poignet ne voulant pas le lâcher, provoque des blessures (que dire de « Further Now » chanson que nous écouterons des centaines de fois quand la marche s’imposera à nous, celle-ci rythmant parfaitement les mouvements du corps). Au final, nous pourrions parler d’hédonisme en parlant de ce disque, un hédonisme feutré, mais tout autant communicatif (en écoutant « Taa » tout est dit) d’une chaleur qui nous fait souvent défaut, d’une ouverture d’esprit (de frontière) qui ne peut que faire réfléchir en dansant pour piétiner nos pauvres certitudes.

Zalfa nous offre un rêve, vous connaissez un plus beau cadeau ?




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