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Première indication : casque et obscurité recommandés.

L’influence de l’école Berlinoise par ses aspects inhabituels, de timbres déformés, de rythmes désarticulés, a jeté les bases de la musique électronique pour les décennies à venir. De la Newwave à la Coldwave, les accointances avec le désenchantement originel sont restées indemnes, le déclin qui leur était destiné, a résisté à chaque décennie. Bien plus qu’un phénomène de mode, ce n’est pas seulement la reconnaissance et l’héritage de mystifications d’un passé glorieux, mais les victoires de l’esprit, non pas uniquement dans la faculté de pouvoir s’exprimer, mais dans la liberté de s’épanouir hors de tout ce qui est tangible.

La dernière livraison de Denuit rassemble 10 titres pour autant de singles potentiels dont la patine très 80, entre en résonnance avec la technologie actuelle. Les compositions de Ivi Topp et Lis Araignée décrivent la désolation des villes, le soupir de l’innocence perdue, le besoin de transcendance et les liens indéfectibles de l’amour. Leur environnement sonore cherche à élever l’auditeur plutôt que de l’écraser. L’album débute avec Nott chanté en français, le titre est la personnification même de Denuit, où tout se fige dans une beauté immaculée. Dans cette succession musicale, chaque titre déroule son tapis de feu, Zombies a tout les attraits du single envoûtant.

Il existe bien une ligne directrice dans leur discographie, leur musique en est la réinvention constante. Fait notoire, tout est réalisé de A à Z par le duo, en terme d’autonomie et d’opiniâtreté, Denuit est la preuve qu’avec de l’imagination et une identité musicale, le champ des possibles s’ouvre à mesure de l’obstination que l’on injecte dans cette seconde peau qu’est la musique. Pour rentrer dans l’essentiel, au travers des artefacts cinématographiques, Denuit invoque les liens émotionnels et ne patauge jamais dans le pathos, leur interprétation épistémique essaie de comprendre ce qui les entoure, le panoptique qui devient le monstre permanent, le déclin de l’humanité et la lente morte de la nature. Sur scène, le parallèle entre visuel et musique prend la forme d’un miroir dans lequel chacun renvoie à l’autre sa propre énergie. Denuit a entamé une tournée et partout la même ferveur leur est réservée.




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