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  • 10 novembre 2009 /
    PJ Harvey
    “white chalk”

    rédigé par gdo
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Au commencement il y a eu la guitare, elle était rêche, elle coupait les diversions mais laissait les sentiments comme un bloc. Cette guitare sans être une prolongation de la belle, faisait partie d’elle et de sa création. La routine ne pouvant tout altérer la belle demanda le divorce pour une rencontre avec le Démon du piano, l’instrument démoniaque où se côtoie le blanc et le noir, où la furie ne se départ jamais de la caresse. White chalk huitième album de la belle est la réponse plus de quinze après à dry comme la suite, la réponse d’une bouteille à la mer, suivant le même chemin que la première missive. Disque qui pourrait ressembler à bien y regarder à un concept album, est à l’image d’une craie blanche qui laisse d’elle-même tomber quand on s’evertue à écrire entre les lignes sur un tableau d’école. Cette encre fragile à la fois carburant et poussiére réalisant son tri, PJ n’avait plus à prendre l’éphémére et de l’inscrire dans la durée des sillons d’un disque. Dans white chalk on y souffre pas mal, on pleure beaucoup de l’absence, on la crie même cette absence, mais comme la craie on s’installe dans une éternité qui nous interdit de laisser le mot fin s’inscrire. Ni virtuose, ni prêtresse, PJ se présente ici comme Polly Jean, une Polly Jean qui prendrait en elle une histoire, celle de son aieul, comme on se perfuserait du sang dans les veines. White chalk est avant un disque beau et poignant, un disque qui installe définitivement la belle dans l’histoire (celle-ci musicale) après des disques nous faisant regretter dry. Avec white chalk ne vivons pas de regret, vivons juste avec, mais à côté. Chef d’œuvre.