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Non content de se coller une étiquette de part leur style, les groupes y collent un adjectif, soit pour affiner la segmentation, ou pire pour appâter les amoureux des bornes. On aura ces dernières années croisé du rock politique, de la techno anarchiste, de la pop écolo ou encore Coldplay !!. Anti Flag est un groupe de punk éthique, et cela depuis presque quinze ans, et maintenant sept albums. Si l’éthique a pu être écornée par une signature dans une major, le moindre que l’on puisse dire c’est que la concession ne semble pas être de mise, et que l’on est pas prêt de croiser Anti-Flag en duo avec les porteurs de drapeau de U2, comme l’ont fait les Green Day (punk écolo ?). A rapprocher des anarchistes de Chumbawumba pour les hymnes enlevées et à chanter en communauté (This Is The First Night), les Anti-Flag ne partagent pas avec le groupe anglais la posture cabaret, car ce sont avant tout des punks. Des joyeux furieux donc, des bières et du cuir, des guitares à l’urgence assumée, et une rythmique à donner envie à un coureur du tour de France de demander le produit utilisé. Actif dans le milieu associatif engagé (les américains ont Anti-Flag, nous nous avions Zebda !!!!) le groupe ne mâche pas ses mots, et laisse la dentelle pour le napperon qui repose sur la télé cathodique de l’ineffable famille Bush. Si votre serviteur n’est pas un grand admirateur de punk rock en général, il pourra, avec subjectivité vous dire que l’énergie proposée vaudra plus que celle d’un lapin Duracel épileptique, et qu’il y a toujours à prendre d’un groupe pouvant donner à ses chansons des titres comme « Sodom, Gomorrah, Washington D.C. (Sheep In Shepherds Clothing) » ou « No War Without Warriors (How Do You Sleep ?) ». Et puis comment ne pas louer la réactivité, ou bien la clairvoyance, car chanter « The Gre(A)T Depression » et « The Economy Is Suffering... Let It Die » a de la tronche, dans un monde qui préférerait chanter « It’s Always The Sun » le nez loin de merde. Anti-Flag a le bonheur de bien nous mettre le nez dedans avec classe, et rien que pour cela merci à eux. Sortez les oriflammes, et brulez les, au son de « When All The Lights Go Out ».




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