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Je suis passé complètement à côté des Libertines, complètement à côté des différents albums sortis par le Rimbaud (c’est ce que quelqu’un m’a dit) du rock anglais. Pas que cette musique ne m’attirait pas, car les écoutes forcées dans les bars ou à la télé, quand celle-ci sait se faire plus audacieuse qu’en invitant pour la énième fois le groupe qui aura le droit à un budget promo plus gros que la PIB d’un pays du tiers monde (expression plus tellement employé de nos jours). J’aimais plutôt voir ce chanteur blafard chanter avec une classe décadente (deux mots à mettre dans le sens que vous souhaitez)

La réception de ce disque, qui serait mineur dans la discographie de Pete Doherty était peut être un bon moyen de me mettre les pieds à l’étrier, monter dans un train alors que les wagons se vident. Je dois bien vous avouer que celui-ci ne quittera pas ma station d’écoute nomade plus communément appelée dans les rangs des jeunesses de l’UMP un baladeur numérique. Car ce disque est tout à la fois marrant (Pete Doherty qui serait un poète, moi je le découvre en possible comique) et souvent touchant (« Minefield » à quelque chose de chirurgicale, des viscères en exposition pour faire saigner les cœurs), un poète même moderne sait ne pas plonger sa plume dans les eaux turquoises de la félicité, mais plutôt dans celle recouverte de brume des affres de la vie.

« Sequel To The Prequel » est un disque à la fois punk (l’ouverture quasi pistolienne avec « Fireman »), un album pop rock de haute volée (« New Pair » semble sortir aussi naturellement qu’une connerie dans la bouche d’une footballeur balafré). Vous voulez un standard, « Fall From Grace » presqu’une chanson de cowboy dans un farwest où les fleurs poussent dans le canon des armes. Vous voulez un clin d’œil au Clash, « Dr No » arrive avec sa sono mondiale. Et là moi qui découvre Pete Doherty, je me dis, mais après Iggy pop l’iguane, voici Pete le caméléon, se muant facilement sans que cela ne dérègle son métabolisme ou l’écho système dans lequel il vivote.

Alors après cette expérience nouvelle pour moi (chacun ses lacunes) je dois reconnaître que le Rimbaud de la pop anglaise, s’il ne connaîtra pas la postérité du poète (ceci dit qui suis-je pour l’affirmer) aura ses lettres de noblesses dans la pop anglaise et mondiale par la même (enfin pour moi hein !) car si ce disque est mineur je pense que les disques précédents doivent être des pierres précieuses qu’il faudra que je m’empresse d’admirer. Mieux vaut tard que jamais.




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