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C’est une habitude, une accoutumance : non content de sortir chaque année des albums refusant de plier l’échine, Murat, en grand généreux, gratifie ses fans, dès que Noël approche, d’un bonus ou d’un live prenant à rebours. Pas d’arnaque chez Murat : chez ce dernier, un album constitué de six inédits s’affirmera toujours comme un grand disque que n’importe quel briscard frenchy serait bien incapable d’imaginer sur la longueur de quatre années.

Aussi, le superbe « Toboggan » ne suffisait donc pas. L’un des meilleurs albums français de l’année 2013 se devait bien de recueillir bien plus qu’un post-scriptum : un doublon, un doppelgänger plus maussade, plus cloitré sur soi-même, Murat sans les enfants, le chien et les vaches…

De plus en plus Neil Young, Murat, et « Toboggan » l’affirmait, se trouve aujourd’hui en pleine phase « Harvest Moon » : entre le folk et l’électricité acoustique, entre la plénitude et le refus de la punk-attitude, Jean-Louis Bergheaud est au sommet de son inspiration.

Alors en effet, certains ronchonneront à l’idée d’à nouveau banquer un album pour six inédits (du reste, vous comme moi, aujourd’hui, téléchargeons autant que nous achetons). Certes, certes… Mais Murat ne cherche nullement ici à arrondir ses fins de mois ou à doubler la nourriture quotidienne de ses vaches. Sincère, fidèle en amour comme en amitié, Jean-Louis, à sa façon, nous souhaite un joyeux Noël. Message received.