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Celui qui se cache derrière le nom de Garden With Lips vous le connaissez si vous suivez ADA. Ne cherchez pas son nom dans la chronique d’un disque ou d’un report live, ni même chez les rédacteurs du site. Non, son lien avec ADA a été tissé via quelques artworks marquants de la série des compilations ADA. Epoustoufé par ses créations graphiques, je ne savais pas qu’il avait un autre talent caché, celui de compositeur et interprète.

A la première écoute j’ai de suite pensé à un Mickey 3D plutôt cool et cultivé, mais je me suis désolidarisé de la présentation du disque comme de la chanson française lo-fi. Certes la grosse cavalerie n’est pas invitée, ici on respecte l’environnement, l’entourage, les voisins, les oreilles. Mais comment parler de lo-fi quand des myriades de petits bruits, des arrangements malins habillent des chansons douces amères, des chansons d’amour que l’on chanteraient à la terrasse d’un café plombée par un soleil qui lui ne demande rien à personne et s’impose.

Et la révélation arriva, comme les émigrants apercevant la terre après des nuits au milieu des vagues, je mettais la main sur mon front me protégeant du soleil en imitant des jumelles, criant sans retenue, et sans vraiment mesurer l’impact de cette saillie, « mais j’ai compris, Garden With Lips, c’est un Moustaki 4.0 ». La même fausse nonchalance portant des chansons faussement naïves.

De cette traversée sur un radeau nous retiendrons beaucoup de chose, mais notamment le très addictif « Mon Ennemie » avec Franco Mannara, titre qui entrelace des pistes pour faire une tresse sur laquelle nous aimerons jouer au funambule. Nous danserons au ralenti sur « Cicatrices » bidouillage charmant. La très culottée « Chanson Pour la Rime » arrivera à nous faire passer le frisson sans jamais que la construction se fracture ou s’effondre.

Le seul titre véritablement lo-fi est le dernier, le plus long, « Toi Ma Vipére », morceau chanté presque en sourdine, la guitare tremblante, l’émotion palpable. Si on ajoute à cela la participation de l’omni présent Arnaud Le Gouëfflec (avec Vincent Liben sur « Vertiges »), « Radeau de Bois » est le disque de chanson française que nous allons aimer, aimant l’aimer, aimer à le faire aimer, un disque d’amour, un disque de coeur, fait avec le coeur, un coeur que je laisserais quelqu’un d’autre que moi d’illustrer, Gildas Secretin par exemple. Bien belle surprise




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