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Entre la fin des années 80 et le début des 90’s, Bill Pritchard incarna une simili icône romantique pour quiconque louait allégeance éternelle à Morrissey et Michael Head. De plus, francophone dans l’âme, Bill Pritchard exprimait une « Jolie » obsession pour notre chère contrée ; et celle-ci le lui rendait bien puisqu’Etienne Daho produisit l’album « Three Months, Three Weeks & Two Days » (en 89) pendant que Daniel Darc s’acoquinait avec le songwriter anglais pour un poignant et gay « Parce Que » (88). Aujourd’hui encore, il m’arrive fréquemment de rencontrer des quarantenaires dont le cœur palpite à la moindre évocation des chansons de Bill Pritchard. Personnellement, je n’ai pas réécouté ses disques depuis des lustres, mais il y a fort à parier que la production d’époque n’alterne en rien les compositions du bonhomme. Une impression également crédibilisée par « A Trip To The Coast », inespéré nouvel album après… neuf ans d’absence (et le plutôt charmant « By Paris, By Taxi, By Accident »). A peu de choses près, ce disque est un enchantement. A l’instar de Lloyd Cole l’année dernière, Bill Pritchard ne renouvelle en rien sa cargaison de marottes (la France, particulièrement, y est citée à de nombreuses reprises) et ne bouleverse aucunement son savoir-faire. Du reste, voilà qui ravira les vieux admirateurs de Bill (dont nous faisons partie) : fidèle à lui-même (donc à ses aficionados), le plus frenchy des compositeurs anglais délivre aujourd’hui dix chansons qui, en pleine orfèvrerie, sonnent justes, sensibles et habitées. Certes, l’inimitable voix de Bill Pritchard (un timbre n’ayant pas changé depuis 88) renvoie à de beaux souvenirs ados en même temps qu’elle occasionne de nombreux frissons admiratifs ; mais la qualité des chansons justifie notre enthousiasme : « Trentham » et « Yeah Yeah Girl », en ouverture, sonnent comme des évidences pop qui s’incrustent durablement dans les esprits ; « Toute Seule » (que serait un album de Bill sans une chanson en français ?) égrène un texte mélancolique sur une rythmique ensoleillée ; « Truly Blue » et ses cordes raffinées arrachent des larmes de solitude pendant que le très vivifiant « Polly » rappelle les meilleures heures des Pale Fountains.

Inversement donc à de nombreuses autres icônes indie-pop issues d’une époque révolue, Bill Pritchard, en 2014, conserve trois qualités essentielles : talent, crédibilité, sincérité.

A noter également que Bill Pritchard sera présent sur scène, le 24 mai prochain, à la très attendue soirée hommage à Daniel Darc (« C’est toi le Printemps ») en compagnie, entre autres, de France de Griessen, Marc Minelli, Frédéric Lo ou Buzy. Impatience !




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