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Attention : malgré les apparences ceci n’est pas le nouvel album des Dead Weather. Même s’il est vrai que les riffs bien lourds et bien gras sonnent comme ceux que sont capables de sortir les membres du supergroupe de Jack White, on cause ici d’une formation française. En effet, Lafayette, duo originaire de Paris, composé de Nathalie Loriot et Franck Hedin (épaulé par Olivier Ferrarin à la batterie), sévit déjà depuis quelques années, tapi dans l’ombre.

Après plusieurs albums salués par la critique spécialisée, ils reviennent en 2014 avec ce TN Motor, qui porte bien son nom. Car il y a assurément de l’huile de moteur dans le cocktail explosif qui compose toutes les pistes. Il y a l’urgence, le besoin de vitesse et d’adrénaline. Il y a tout ce qui fait qu’un album rock tient toutes ses promesses : des riffs efficaces (Keys to the Riviera) et des refrain entêtants (Why Are You So Churchy ?), une batterie survoltée et une voix cassée, glamour au possible, qui lâche des "I don’t give fuck", comme des slogans magnifiques jetés à la face du monde.

La recette n’est pas nouvelle, pourtant. De l’avœu même des membres du groupe, l’inspiration vient directement du rock et de la soul des années 70, saupoudrée d’un peu (beaucoup) de Jack White, Iggy Pop ou encore Queen of The Stone Age. Mais, même si les ingrédients sont connus de tous depuis plus de 40 ans, il faut quand même savoir bien les mixer ensemble pour faire un bon album.

Certaines mauvaises langues pourraient trouver des défauts à cette sortie. Il est vrai, par exemple, que le manque de solo à travers tout l’album peut perdre quelques auditeurs en route. Comme il est vrai aussi que l’énergie, jamais réfrénée par un morceau plus calme ou une ballade un peu plus folk, peut fatiguer celui qui n’est pas près à faire le voyage jusqu’au bout. Mais ce ne sont pas des défauts à proprement parler. C’est un parti-pris artistique qui tient la route.

C’est d’ailleurs la force de cet album. Tout est cohérent, propre et terriblement excitant dans ce TN Motor qu’on n’hésite pas à se passer en boucle au volant de sa bagnole. On retrouve avec plaisir tout ce qui fait l’iconographie du rock. Mais pas n’importe quel rock. Le rock brut, bourrin et hyperclasse malgré son aspect très simple au départ. Le rock qui sent le cuir, la sueur et la poussière, en même temps qu’il possède un fort taux aphrodisiaque. Pour info, c’est Brian Lucey qui est à la masterisation de l’album ; celui-là même qui a bossé sur Brothers et El Camino des Black Keys. TN Motor est donc un back to basic qui fonctionne comme un moteur bien rodé et qui met une claque à celui qui accepte de se laisser porter. Un mélange fascinant entre les Dead Weather, Joan Jett et Joan As Police Woman. Rien que ça.




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