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Avec leur deuxième EP, Romain Nouhi et Charles Rocher (dont nous avions pu découvrir le titre « Haunted » sur la compilation « Education Française ») proposent un croisement entre électro-pop suspicieuse et Chillwave inquiétante. Equateur, un groupe qui porte bien son nom tant, ici, en trois titres (agrémentés d’un sublime remix new-wave de Zémaria), l’électronique refuse de s’enfermer dans une caste précise. L’auditeur est convié à un voyage aux contours grand public (comme, il y a peu, DyE avec l’album « Cocktail Citron »), un voyage qui débute par la plus aguicheuse des pop-songs (« The Lava » : beats mélancoliques, synthés Human League, voix effacée mais poignante – masterpiece !), se poursuit dans une veine French Touch gorgée de motifs gueule de bois (« Ira », comme du Sebastien Tellier, ou du SebastiAn, un peu trop arrosé après une soirée clubbing désenchantée), puis s’achève par une merveille dark chantée en français (« Cheval Noir », aux vocaux très… Daniel Darc époque « Les Armées de la Nuit »). En conclusion, le remix de « The Lava » par Zémaria convoque l’évidence rythmique de « Shake The Disease » (Depeche Mode) à l’aspect planant d’une Chillwave en pleine descente de MDMA…

Très concentrée mais sensitive, réfléchie mais ouverte à une très large audience, la musique d’Equateur réussit à lier ce qui, la plupart du temps, donne de la grandeur à l’électronique : cette capacité à plonger l’auditeur dans des pensées égoïstes tout en lui ordonnant d’utiliser son corps afin de célébrer la musique entendue. La chair et le mental, en somme. Sur ce point, gageons qu’Equateur devrait obtenir de nombreux adeptes à sa cause…




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