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  • 17 août 2014 /
    Marie-Flore
    “By The Dozen (sortie 08/09/2014)” (Naïve)

    rédigé par Xavier
    40 votes
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Il est très difficile de cantonner Marie-Flore à un style musical, ou même de décrire sa personnalité. Avec un prénom pareil, on aurait pu s’attendre à un album de variété française calibré pour passer sur un plateau de Danièla Lumbroso en tant que nouvelle figure de proue de la musique made in chez nous. Mais non, ce patronyme, ses parents le lui ont refilé en référence à une chanson de Joan Baez. On est donc loin des canapés de Chabada.

Disons qu’on est plutôt proche de Cat Power (Gregg Foreman a d’ailleurs posé sa voix sur ce nouvel album) et de la musique anglophone en général. Ce n’est pas un hasard si la belle a fait quelques premières parties de Pete Doherty. Et même si c’est le français Robin Leduc qui produit By The Dozen, les dix pistes qui composent ce premier album semblent tout droit sorties de la poche d’une musicienne anglaise qui a sillonné le métro de Londres de long mois durant pour se faire un peu de thunes.

Il est de ces productions qui s’écoutent en fumant cigarette sur cigarette, tant la moiteur électrique qui s’en dégage appelle à merveille les volutes de fumée. C’est le cas par exemple pour L’Homme à Tête de Chou de Gainsbourg, ou pour le dernier Angel Olsen. By The Dozen est un album qui sent la clope, et c’est un compliment. C’est sans doute la voix de Marie-Flore qui produit cet effet, car sa musique en soi n’est pas forcément triste (à propos d’Empty Walls, on dira que c’est même plutôt joyeux comme rythme, avec ces nappes de synthés qui viennent égayer le refrain). Les chœurs discrets qui enjolivent souvent la voix principale rajoutent une dimension ubique aux pérégrinations sonores de la demoiselle, comme si plusieurs de ses personnalités s’échappaient de son corps pour sangloter ensemble. En ce sens, Sybilin King est un bel exercice de schizophrénie. Là encore, il s’agit d’un compliment.

L’atout majeur de By The Dozen, plus que son single éponyme, ce sont ces trois titres : Feathered With Daggers et ses petites touches de Pink Floyd, Loud Dark Crowds et Nikolaj The 2nd qui, par son côté un peu Sigur Ros, cloture magistralement bien ce premier album cohérent et très mature. Dans ces pistes résident ce qui fait que By The Dozen n’est pas simplement un album de pop songs un peu tristes. Il y a des mélodies qui restent en tête, et des sonorités qui vibrent dans les oreilles. Assurément, l’une des plus belles sorties de cette rentrée.




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