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Le malentendu est le père de la honte. Il est le précurseur de la confession, une main bien accrochée sur la ceinture de son pantalon, et l’autre essuyant les goutes de sueur perlant après une poussée de chaleur qui n’est autre qu’un vent froid tout aussi menteur.

J’ai souvent mélangé les groupes commençant par The Black. The Black est en tête des prénoms dans l’histoire des groupes de rock contemporain, comme si cette couleur était inévitablement la chromatique évidente quand on fait de cette musique, reléguant les groupes en The Yellow au rayon de simple ersatz qui pourrait sombrer dans un piège à guêpes qui pullulent en période estivale.

J’ai souvent banni par convention les groupes ayant défoncés les barrières entre les chapelles musicales via un single tonitruant en plus quand celui ci était porté par un clip d’une efficacité qui n’a d’égal que la simplicité de sa mise en scène. Et puis j’ai écouté à nouveau, j’ai lu (Libération), j’ai regardé (l’album de la semaine) et j’ai senti cette honte m’envahir, recouverte rapidement par un plaisir aussi fort que lorsque que nous sommes adolescents et que l’émotion suscité par le premier achat d’un album rentrera dans le grand livre de notre vie.

Après avoir tourné la clef noire dans la serrure de mes désirs, celle ci a débloqué quelque chose en moi, un soudain amour d’un son, et une quasi dévotion pour un chant qui semble tout droit sorti des saintes écritures du rock. Je me suis demandé si la spirale de ce nouvel album n’était pas une arme secrète pour hypnotiser au préalable.

Je n’ai pas souvent retrouvé cette évidence, peut être chez REM dans un style diffèrent. Un groupe qui n’est dans aucune mode et qui part pour écrire une œuvre qui prend de l’ampleur sans se noyer dans les yeux hypnotiseurs de la compromission.

Je n’ai pas souvent touché du doigt l’histoire, pas celle des évènements qui dérangent la monotonie de la vie des historiens qui vivent des accidents, non l’histoire comme le relais que l’on prend, se cachant derrière celui ci, étant adoubé. Arrivant peut être après la bataille (sommes nous toujours en guerre contre quelque chose ?) je cris ici mon amour pour cette musique et pour ce groupe qui déroge à l’exhibition actuelle de sa propre identité visuelle avant même de faire sonner la moindre note de musique. Les Black Keys se sont des chansons sans âge, une voix qui semble portée par en elle les passions de l’authenticité, de la simplicité, en un mot authentique.

The Black Keys savent ce qu’est la sueur, celle du maitre d’œuvre qui sortira une pièce unique et marquée par l’admiration de ses compagnons de devoir. Un disque et une œuvre comme une vision tardive mais inoxydable.




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