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Inutile de revenir sur la flamboyance des Boo « Beatles de l’an 2000 » Radleys. Sauf peut-être pour à nouveau se demander pourquoi Martin Carr et son acolyte Sice ne réussirent-ils jamais à devenir « le plus grand groupe de l’époque » ? Malheureusement, la réponse est limpide : dans les années 90, écrire les plus belles chansons du monde ne suffisait pas. Il fallait également manier la provocation verbale, parader rock-star, se goinfrer de drogues et casser les chambres d’hôtels. Toutes choses loin, très loin, de la sage normalité des Boo Radleys. Un groupe majeur (bien plus, même, que leurs voisins Creation de chez My Bloody Valentine) mais trop humain, trop sympa, trop « voisin de palier » pour affoler les tabloïds. Reste une discographie sans la moindre faute, un chef-d’œuvre inébranlable (« Giant Steps », meilleur album de l’année pour les lecteurs des « Inrocks » en… 93), un disque maudit (rageur « C’mon Kids »), un tube pour fans de Take That (« Wake Up ») et un adieu en forme d’apothéose lyrique (« Kinsize »).

Depuis le split des Boo, Martin Carr se la jouait discret, limite effacé. Du coup, nous sommes trop vite passés sur son premier projet solo, un Brave Captain dont l’indifférence critique fut proportionnelle à son invisibilité chez les bons disquaires. Il est aujourd’hui temps de réparer cette erreur… « The Breaks » rassemble dix chansons issues de la facette pop de Martin Carr, celle de « Wish I Was Skinny » ou « Towards the Light ». Dix chansons parfaites, incritiquables ; dix chansons que le vieux fan des Boo prendra plaisir à faire tourner et tourner, jour après jour, inlassablement. Cela car Martin n’a pas vraiment changé, alchimie intacte : une ossature classique, immédiatement irrésistible (dès le premier titre, souriant « The Santa Fe Skyway » et son « Mary Jane » limite anthologique, l’auditeur admet que la partie est gagnée) ; mais, derrière, ici en sourdine, le plaisir du jeu, de la fuite vers l’inconnu… Il faut effectivement plusieurs écoutes pour que les pop-songs de « The Breaks » craquent leurs vernis classiques afin de s’épanouir via dosages scientifiques et utilisations de pipettes contre nature. Il serait trop facile de reprocher à Martin Carr son retour vers un format pop faussement simpliste. Bien plus que lors des come-back salvateurs (et exemplaires) de Michael Head ou Roddy Frame, la pop façon Martin Carr est toujours aussi déraisonnable : aguicheuse au dehors, fracassée au-dedans. Boo ! Forever.




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