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De Calm ce sont ces potes que tu fréquentes depuis des années mais que la pudeur masculine t’a empêchée de vraiment connaître. Tu les as rencontrés gamin, tu as grandi avec eux, tu les as toujours vus gratter une guitare ou taquiner un piano, vous avez usé vos pantalons sur les mêmes terrains de foot, volé les mêmes vinyles, convoité les mêmes filles. Tu les as entendus chanter en soirée mais tu étais plus préoccupé par la drague et l’alcool que par la musique. Contrairement à eux. Tu ne t’étais jamais vraiment aperçu que c’était sérieux. Puis tu as changé de lycée, vous vous êtes un peu perdus de vue, vous vous croisiez de temps en temps, tu étais passé à autre chose. Mais tu les as revus un soir. Tu venais de te faire larguer. Tu les as croisés dans la rue en bas de chez toi. C’était un jour d’automne, ils t’ont proposé de venir à une fête avec eux. Tu ne voulais pas mais tu as cédé. Tu as passé une partie de la soirée dans ton coin à te lamenter, à boire, à repenser à elle. Puis tu as entendu quelque chose, une musique, un air bien foutu qui t’a donné envie de te lever, puis tu t’es rapproché, puis tu as écouté, puis tu as eu le cœur serré par ces mélodies impeccables et cette maitrise évidente, puis ton âme s’est réchauffée au contact de cette voix bienveillante et proche, peut-être même que l’alcool aidant tu as eu envie de verser quelques larmes sur ton sort, et tu as eu envie de les prendre dans tes bras. Tu t’es alors rendu compte que tes potes étaient de vrais artistes, de vrais musiciens, qui dans la plus pure tradition d’un pop-rock poétique français étaient capables d’aligner onze histoires courtes comme autant d’évidences. Mickaël Serrano et Guillaume Carayol sont ces amis, ces artisans du bon goût, qui avec finesse et justesse balayent toutes les nuances de l’amour : le premier, l’oublié, le fragile, le tendre, l’incertain, … L’amour comme un sport qui demande entrainement et sueur, travail mais imagination, un sport où rien n’est jamais gagné, où le fair-play n’est pas toujours récompensé et où les règles sont souvent contournées. Mais un sport où l’amour du beau jeu, le suspense et les émotions valent à eux seuls d’enfiler ses crampons et de rentrer sur le terrain pour en découdre. Avec ses compositions délicates, ses orchestrations soignées, son chant empathique, Amour Athletic Club est un vrai bon disque français, éclairé et bienveillant. Des mots qui sonnent juste et beau, une poésie simple de l’amour au quotidien. Un disque qui impose respect, tendresse et espoir. Pas négligeable de nos jours. Un disque à supporter sans hésiter. Vivement la reprise du championnat.




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