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Il est toujours rassurant, et parfois enivrant, d’entendre un groupe qui propose une invitation aux rêves, à l’abandon de soi, sans que celui-ci n’ait recours à l’artillerie shoegaze ou à une certaine facilité dream pop. Dans le cas des toulousains Budapest, on se hasardera ainsi à parler de dream rock. Car à l’instar de formations telles que Mona Kazu ou Polly Nichols, Budapest compose des blocs tendus, d’indélogeables granits ; mais de la pierre, il en extirpe de l’eau douce. Sans doute car la précision des arrangements et l’aspect martial des titres permettent à Budapest d’apposer un socle rugueux n’exigeant rien d’autre que la fuite en avant. Dessous, une hargne contenue, une rythmique lancinante, des guitares qui semblent hypnotisées par elles-mêmes. En surface, des envolées soul, des écarts discrètement trip-hop, des claviers berceuses… Budapest : de l’élégiaque sur du binaire, un visage amical derrière une façade renfrognée, la pesanteur du réel et la fuite vers des songes rassurants. Les vieux souvenirs de Radiohead viennent parfois hanter l’auditeur, particulièrement sur un « Red » en provenance direct de « Kid A ». Logique : comme le quintet d’Oxford, Budapest canalise les inclinaisons mélancoliques de sa musique pour tendre vers une sensation de bien-être, d’harmonies ni tristes ni joyeuses. Adaptable à toutes les humeurs.




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