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Le froid piquant ne me laissant guère de latitude dans le programme de ma journée, je restreignais à une peau de chagrin ma balade journalière, pour une contemplation du paysage recouvert d’un manteau blanc, comme si une gomme faisait perdre mes derniers repères géographiques.

Je me blottissais contre mes certitudes qui elles aussi ne réchauffaient plus autant. Comme une nuée de papillons qui se volatiliseraient suite à un craquement assourdissant, les certitudes partaient battre des ailes, entrainant ce qui devait arriver.

Ma fille à l’école, même son regard ne pouvait se poser sur moi pour me rassurer. J’ai alors senti une caresse, une douce caresse. Elle était rassurante et donnait envie de ne pas se soucier du froid. De ne plus s’embrasser de certitude, de prendre l’instant pour ce qu’il est, une suite logique ou non de faits qui font que l’on arrive encore à croire à l’instant suivant. La caresse de Dyl & Petra, groupe qui a comme points cardinaux Toulouse et la Suède, est une caresse de l’instant qui réchauffe pour longtemps, pour les instants à venir. Comme une Alison Shaw qui aurait trouvé refuge chez un Vic Chesnutt redescendu sur terre avec des étoiles plein les poches, Dyl & Petra chante (parfois faux) son spleen et sa mélancolie avec des couettes et un sucette dans la bouche, avec un rien de désinvolture, chassant d’un revers d’une main tenant un morceau d’une robe tombant sur les genoux, la moindre complaisance avec la tristesse morbide.

Dyl & Petra est un doudou pour adulte quadra qui pense quand même qu’une période pas si ancienne était mieux musicalement, un doudou pour adultes qui n’a plus de certitude à proposer au regard de sa fille, sauf celle qu’écouter Dyl et Petra fait du bien à ses maux. Caresses à l’oeil.




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