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On ne dira jamais assez que la problématique du son, est avant tout un surplus mercantile des firmes construisant des objets sonores pour nous vendre des outils avec un son de plus en plus pur. Cette quête vers la retranscription parfaite d’un son émit (face au sol ou non) ressemble à un cache sexe, plus acceptable par la société, sur l’écriture même des morceaux, le musicien pouvant postuler chez un installateur de home cinéma avec son THX, plutôt que de concourir dans une quelconque académie artistique.

Prettiest Eyes semble avoir coupé court sur ce sujet, préférant irriter les oreilles, plutôt que de lisser son propos. Mais d’ailleurs comment commencer un album avec « Out Of Control » et louer le « LSD » sans se rapprocher le plus prêt des chaires, des vicaires, remuant les tripes en braillant, crachant sur du post punk estropié de partout, tenant debout grâce à des béquilles que sont un clavier revenant d’un combat sans merci, et d’une rythmique tout aussi métonymique qu’à bout de souffle.

Originaires de San Juan mais nous arrivant des méandres fumeuses de Los Angeles, les Prettiest Eyes font de la musique comme d’autre se suicident ou décident de casser l’intérieur de leur maison car l’enregistrement de la petite maison dans la prairie a foiré. Tout est dans la déraison, et dans le bruit et la fureur la moins maitrisée, activée et alimentée par des substances qui pourrait rendre Laura Ingals aussi bandante que Marcella Yacoub dans la position du missionnaire.

On se demande pourquoi les chansons s’arrêtent (« Sorry » devrait ne jamais se terminer dans le fond) ou commencent, mais elles existent comme un cri bestial, frayant un chemin dans des fumées underground d’un couloir velvet, essayant de fuir des monstres imaginaires qui eux gardent une position préférentielle dans ce cauchemar pour les apôtres de la sonorisation unique.

« Looks » est un disque crade et mal élevé, un disque qui se termine aussi vite qu’il a commencé, comme une combustion accélérée du son au profit d’une production d’énergie nécessaire pour ne jamais tomber dans l’oubli. Mais ne vous méprenez pas, l’enfer sonore est une bastide au renfort solide contre l’envie de tout lisser. ok.




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