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J’aime ça, que voulez-vous que je vous dise, j’aime ça, j’aime parler de vous, de cet art qui dort en vous et surtout de son réveil, j’aime mes ouïes sur vos sons et j’aime vos sons sur mes minutes, j’aime ça, les papiers que je désire plus forts que poutres et béton pour supporter un peu de temps votre carrière et pousser l’espoir, croire que mon gout est un gage. J’aime ça, les mélodies qu’on m’offre, même si je ne peux toutes les embrasser. Le boss vient de me féliciter pour ma 100º chronique sur A Découvrir absolument, et moi qui me félicite pour la 200º a venir, et espère des miles et une ouïes, dois me contenter de cette 101º, mais voila, qu’importe les dizaines, centaines et unités, si toutes et chacune sont aussi heureuse que celle-ci, ou la prochaine, ou l’antérieure. Vient la renaissance, vu qu’il semble qu’a chaque centaine on repart a zéro, vient la renaissance et se mot colle parfaitement a cette demoiselle, parce qu’il semble qu’elle soit enfin elle. Elle, parce que son intérieur s’affiche enfin en façade de son visage, parce que son visage sur le fond bleuté de son clip de « Hurricane » reflète parfaitement l’âme qui chante, parce que ce qui se chante, a les traits de cette vie. C’est cette fine ligne d’horizon qui sépare les divas archi écoutées et photocopiées de vibratos allongés jusqu’a l’abrutissement et que copient les jeunettes aux programmes télé en vue de se nommer chanteuse, cordes vocales batailleuses et malgré les rythmes frénétiques et tics sexuels sont somnifères si souvent, des chanteuses dont l’esprit fait naitre des bas-reliefs sous nos peaux ad-vitam aeternam, et dont les voix, loin de gagner l’argent, offrent l’or. Karin est généreuse, et intensément elle, de ces chanteuses qui font ce que leurs ovaires veulent, elles ont la guerre dans le sang et foutent plus d’un en l’air d’une distorsion de voix plantée comme oriflamme, plus espiègle que Cindy Lauper (la conception de ce disque, dans l’enchainement de rythmes forts puis lents, me rappelle précisément le you’re so unusual du colibri, construit pour le succès), plus hard que Sia, plus satinée que I Blame Coco, plus sauvage que Grimes, plus que… enfin, plus que je ne peux supporter, parce que voila, une silhouette affilée comme lame qui passe d’un cri de guerre « Look what you’ve done » qui a l’odeur de ce techno puissant, obscur et agressif d’un Dépêche Mode en forme a une berceuse tropicale qui mettrai le feu aux nuits sages « Shine », une silhouette avec ce visage coupé comme peinture de Schiele me défait jusqu’au bout de mes membres, de ces stratèges Sun Tsu qui endorment vos troupes la nuit d’avant tous les combats, et le jour suivant harasse vos rêveurs sur leur champ de bataille, montagne russe de chacun de ses traits, les jambes puissantes marchants entre nos cadavres exquis et des bras souples pour nous emballer dans des cotons fiévreux « Stick to the light ». Il y a, je ne suis pas dupe, une forte notion sensuelle autour de sa voix chaude, raclant parfois l’enfant, et parfois la hyène, une imagerie de celles qui créent des idoles pour ados, haute teneurs de sulfure entre câbles électroniques et basses chaloupantes, une envie sournoise de plaire dans les piqures et les morsures. Troubler, voila, il s’agit de troubler, la musique n’était elle pas faite pour ça, dés le départ, troubler, créer une émotion, quelle qu’elle soit, devenir cet « Opium » de nos esprits, bouleverser nos idées préconçues, et Karin commence désormais par là, ayant appris de quoi va ce jeu, ai ayant les armes a faveur, l’atout de sa gorge (Quelle performance ce « Human beings) et le pouvoir de ces compos, étranges, envoutantes, mais presque commerciales (la différence est fine, quand l’un et l’autre sont trop bien fait). Quelque chose respire le chaos pourtant, le léché des sonorités n’empêche pas la sueur et la rudesse d’un disque impossible de déchiffrer thème a thème sinon dans la sensation d’ensemble définitif, l’impression d’avoir brulé dans une gorge et glissé sur une peau presque latex, d’avoir subis le courroux d’un ange de soie et la caresse d’un démon de roche. Et c’est ça que j’aime, boss, trouver au détour un mail avec un objet comme celui-là et pouvoir en parler, vous décrire cette Karin avec les mots de mes sens, et la garder auprès de ma chaine Hi-fi en cas d’incendie, c’est ça que j’aime, m’émouvoir de vos émotions. Merci, boss.




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