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Me confronter à ce genre de musique est toujours une expérience comparable à un match de foot de trente-deuxième de finale de coupe de France quand un club amateur rencontre une équipe professionnelle. Soit rien ne fonctionne est la raclée prise gâchera le bonheur d’avoir croisé des petits bonshommes avec lesquels son fiston joue sur une PlayStation, soit c’est le jour de gloire, il n’y a peut être pas la victoire au bout, mais tout fonctionne bien et la relation semble tenir autant du hasard que du mystique.

Je suis intimement persuadé que d’écouter ce disque alors que je suis dans une période à me gaver de films américains des années 50 en buvant du chianti allongé sur une moquette épaisse, mais piquante, n’aurait pas le même effet que de le faire en pleine période Dardenne en consommant des alcools forts sur un canapé en skaï. Musique dansante et inondant l’espace d’une rythmique lourde, mais fine à la fois, elle est aussi sous l’emprise d’un climat lourd et oppressant, voire inquiétant (pas sur la bouche). Elle nous plonge dans une douce somnolence éthylique, nous tenant par un fil ne jouant d’aucun câble sauf celui d’une construction simple, mais efficace. Tantôt suave, parfois aussi froide qu’une plaque d’aluminium perdue sur un terrain en friche dans la banlieue de Düsseldorf, cette musique nous embarque avec facilité, parvenant à rendre le hasard de la rencontre comme une chronologie établie d’avance.

Ξ Il est un disque qui se rencontre, avec lequel un dialogue s’installera, notre corps traducteur évident d’une musique avec lequel le match sera grand et beau à la fois, un disque dans lequel vous pourrez devenir une forme de héros.




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