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Après quelques heures de tourisme dans la ville de Nîmes où nous nous ressourçons aux jardins de la Fontaine à la fraîcheur bienvenue, nous sommes fin prêts pour entamer le second jour de cette édition. Les samedi et dimanche, le festival Tinals a la bonne idée de proposer un accès libre sur le site jusqu’à 18 heures, attirant ainsi un public plus familial qui peut profiter des ateliers et animations, ainsi que des concerts de groupes régionaux ou en devenir.

L’après-midi attaque avec My Great Blue Cadillac, duo mixte de Montpellier (qui répète dans les locaux de Paloma) qui a pour l’occasion revêtu ses plus beaux habits de deuil, arborant chacun une robe noire longue et un maquillage du visage et des mains du plus bel effet gothique. Selon les titres, ils s’échangent les instruments (basse saturée, batterie réduite à une caisse claire, un tom basse et une cymbale) et assènent leur dark punk à un public plutôt réceptif malgré l’horaire en décalage avec le style.

Nous profitons ensuite de l’après-midi pour faire le tour des différents ateliers et animations.

Là, un Elvis déjanté (dont on apprendra plus tard qu’il s’agit du responsable des locaux de répé de Paloma) harangue la foule, armé de sa "holy fucking bible", de son porte-voix saturé, pour célébrer des mariages express à Las Tinals Paloma. L’amour se répand parmi les festivaliers qui répondent avec enthousiasme à l’appel d’Elvis !

Ici, un atelier badge permet de transformer toute photo (son chien, son acteur préféré, etc.) en badge idéal pour frimer en soirée. Nous nous prenons évidemment au jeu et arborons ensuite fièrement des flamants tinaliens et un grumpy cat plus grognon que nature, mais tellement mignon.

Non loin de là, l’atelier couronne de fleurs est pris d’assaut tout au long du festival, et l’on y retrouve hommes et femmes confectionnant leur parure florale personnalisée, laissant les talents (plus ou moins) artistiques de chacun se faire jour, le tout dans une bonne humeur communicative. Le public ainsi coiffé se répand sur tout le site ajoutant un parfum primesautier aux concerts.

On ne vous parlera pas de l’atelier bob, couture, sérigraphie, des jeux, du coiffeur… mais tout le monde peut y trouver son bonheur à toute heure.

Mais revenons à nos flamants, enfin à nos concerts : direction la scène Mosquito pour le set de Palehound, trio basse + batterie + guitare/chant qui propose une musique plutôt pop, parfois rehaussée par des envolées plus rock ; dans ses passages les plus criés, la chanteuse a des intonations à la Kim Gordon. Le set est agréable, mais on n’est pas totalement transporté. Petite anecdote : la chanteuse demande si quelqu’un peut les conduire le lendemain sur Paris, leur vol étant annulé… en échange d’essence, repas et massage !

On repère sur plusieurs concerts des artistes devant la scène qui dessinent les groupes en direct : une autre (belle) façon de figer le moment.

Beaucoup de monde attendait Lush au tournant : le groupe culte de la scène brit-pop shoegaze des années 90 récemment reformé donne ici un concert qui nous surprend agréablement, à l’instar de Ride à la dernière Route du Rock. Les morceaux très pop, presque aériens, succèdent à d’autres plus enlevés. Rien de neuf sous le soleil, mais les titres fonctionnent bien sur un public de fans nostalgiques, et peut-être pas uniquement.

Retour en salle - ça tombe bien, quelques gouttes viennent arroser le site – pour assister au concert d’Algiers qu’on avait eu le loisir de découvrir lors de la Route du Rock l’an passé (http://adecouvrirabsolument.com/spip.php?article6263). Nous étions impatients de voir si on allait retrouver la même sensation de ferveur. Visiblement, le public présent ne s’attendait pas forcément à un tel déferlement d’énergie : leur mélange improbable de soul, d’électro, de gospel, de rock est transcendé par la présence physique du chanteur et du bassiste complètement habités. Le guitariste conforte les ambiances par des nappes, des sons triturés avec un jeu inspiré et tout en retenue, tandis que le batteur intervient sur les programmations pour survitaminer le tout. La claque du jour pour nous !

On passera assez rapidement sur Air qui n’a jamais trop été notre came, mais on reconnaît que leur show sur la scène Flamingo ne manque pas de prestance, c’est propre, ça ne fait pas de vague. À noter que le groupe a effectué une résidence à Paloma quelques semaines auparavant pour préparer leur tournée. On reconnaît au passage un Sexy boy tubesque… alors qu’on se dirige vers la grande salle.

Sur le papier, LUH (Lost Under Heaven) a tout pour séduire : un chant mixte, des rythmiques efficaces, des ambiances travaillées…le nouveau projet de Ellery James Roberts, ex-leader de Wu Lyf, est malheureusement plus excitant dans sa description que dans sa transcription live. Nous n’étions peut-être pas en condition pour découvrir ce projet, la sauce ne prend pas et l’on s’éclipse rapidement.

On aurait adoré aimer Cavern of Anti-Matter qui se produit ensuite sur la scène Mosquito. D’abord parce qu’il s’agit de Krautrock (dont on note le retour assez marqué depuis quelques années) et que déjà, c’est cool, ensuite parce que le groupe compte Tim Gane, ex-Stereolab parmi ses membres. Las, contrairement à une grande partie du public présent (qui ira jusqu’à demander et obtenir un rappel, chose rare en festival !), on ne parvient pas à se laisser séduire : pourtant les nappes de claviers analogiques nous enveloppent, les rythmiques (programmations + batterie) répétitives soutiennent bien comme il faut la transe… qui fait flop à quasi chaque note égrenée à la guitare au son criard et au jeu peu inspirée. On n’a alors qu’un mot qui vient : pourquoi ?

On se rapproche donc de la grande scène pour profiter pleinement du concert à venir de Dinosaur Jr.

Pour être tout à fait franc, à l’époque, nous étions plus Sebadoh que Dinosaur Jr, mais quel plaisir de retrouver Jay Mascis et ses cheveux blancs dans le vent, et Lou Barlow sautant partout avec sa basse. Forts de leurs murs d’amplis (tous branchés), les 2, accompagnés d’un batteur-pilonneur nous assènent une déflagration sonore sur laquelle pogote (comme on disait à l’époque…) un public déchaîné et connaisseur. Jay se laisse forcément aller à ses solos désormais légendaires, mais a le bon goût de ne pas trop en rajouter. Outre les classiques et des morceaux de l’album à venir "Give a Glimpse of What Yer Not", on reconnaît leur reprise du Just like heaven des Cure assaisonné à la sauce Dinosaur Jr. Bref : un excellent moment !

On avait prévu de terminer la soirée avec le punk engagé & cuivré des Downtown Boys mais la fatigue aura eu raison de nous. Les échos que l’on en aura sont plus que positifs.

Cette seconde journée se termine sur un bilan en demi-teinte musicalement, car malgré les revenants plus qu’honorables (voire carrément excellents), un concert marquant (Algiers), le reste ne trouve que difficilement grâce à nos yeux et nos oreilles. Gardons plutôt de l’énergie pour le lendemain dont la programmation nous fait saliver d’avance. Stay tuned !

Retrouvez le reportage photographique complet ici :

https://www.flickr.com/photos/infinir/albums/72157667224324304




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