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Étrangement, les quelques chroniques que j’ai lu sur Annika parlent d’électricité, alors que je ne vois dans cette avancée sonore que de la lumière naturelle, dans cet Ep. Lancé en éclaireur d’un prochain disque intitulé "She", je ne trouve que des empreintes humaines et féminines de ce qui devrait être un son, aussi beau que ce "What else is there" de Royksopp (un des titres phares des discographies humaines faites de câbles). Cet Ep. regorge de la simplicité des globules. Annika Grill est en effet en tout honneur et bonheur une femme avec tous les trésors que gardent normalement les dames et qu’ont les hommes pour défaut (et vice-versa), par exemple, l’acceptation de la chair de poule. Il faut assumer que la chair de poule est un fait organique qui, depuis le travail d’Annika est capable de se recréer en éprouvette. Cette suédoise, co-fondatrice du studio d’enregistrement Afternoon Sessions avec ma très chère Edith Fambuena, a déjà cherché l’or auprès d’êtres humains comme Jane Birkin ou Jean Guidoni et auprès de "Machines" comme polar ou Kaolin (attention, elle s’entoure de Fred Deces ou Antoine Chaber, donc pour les idées claires, celles-ci sont transparentes). Cette Suedoise, disais-je, a trouver l’équilibre parfait entre le rêve et la chair de poule, un univers sans grandiloquence, bourré de talent auditif, le don de l’oreille. Reste à savoir si ce talent sera suffisant face a la grosse machine du show-biz, car parfois, l’art se traduit seulement en se faire plaisir, égoïstement. Dans un autre univers parallèle, Annika serait une diva, il y a dans son travail une propreté, une envie de bien faire, et une connaissance de comment le faire bien, qui insinue des futurs beaucoup plus glorieux que ce que le show-business permet. Ces quatre titres, envoyés pour éclairer le chemin, ce suffisent pour acclamer un disque sensible, compact, bien cerné dans sa conception et sa vision, mais qui laisse place, comme ces œuvres d’art abstrait, a envoyer en l’air l’imagination et exploser tout les sens, Autant volent les nerfs que vous giflent les délicatesses, autant ce son vous rappelle quelque chose, autant il nait en vous, c’est comme beaucoup d’autre, mais c’est différent, les beaucoup d’autres, ne donnent pas la chair de poule. Au-delà du son, règne sa voix, au-delà des câbles, il y a la corde vocale. Loin de moi de vous présenter Annika comme la plus grande voix, mais il y a du savoir faire vocal qui vient d’une école illustre, celle des sentiments, d’exprimer l’histoire avec justesse (Guidoni l’aura eu comme bonne élève) d’exprimer les torsions depuis le nœud même. Je suis pleinement certain, en ce qui concerne le concept et l’idée de ce disque, autant là qu’a venir, que toute femme y retrouvera son essence, une facette d’elle, chaque mots a certainement un parfum féminin, tant dans le calme que dans la colère. Malgré la difficulté de vouloir définir la féminité en quelques chansons, on sent déjà le dictionnaire s’ouvrir, les paroles sont pensées autant que vécues, la vérité pousse sous l’électricité, et la symphonie porte en elle la beauté du genre, comme une mère porte sa fille. Quatre chansons à vous recréer des chairs de poules.




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