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King Ju connait-il un autre sujet que lui-même ? Faut croire que non : sur 19 titres, ce nouveau Stupeflip ne parle que de… Stupeflip. Pour en dire quoi ? Que le crew incarne la solution, l’antidote. Contre quoi, contre qui, pourquoi ? Mystère. Vide abyssal d’un propos qui ne cesse d’affirmer l’anticonformisme du groupe, mais qui serait bien en peine d’y joindre un quelconque argument explicatif. Stupeflip écrit sur une finalité fantasmée (une formation qui te colle aux tympans), sans prendre la peine de réfléchir à des lyrics qui justifieraient une telle allégation.

L’album ne cherche jamais à saisir une infime parcelle de l’air du temps. C’est trop lui demander. Déconnecté du monde, dans une ridicule bulle autarcique (qui signale avant tout l’incapacité du groupe à écrire des textes outrepassant l’affirmation du moi), Stup Virus mise essentiellement sur le flow et les jeux de mots (mais au service de rien – l’absence de fond atteint ici des records). Et lorsqu’il se penche sur le passé (1993), c’est bien sûr pour commenter les origines de… Stupeflip (passionnant). Oubliant enfin de se rêver en « solution », Stupeflip verse dans le n’importe quoi (Le Trou noir, sorte de « surréalisme pour les nuls »). Quand tu ne sais pas quoi dire, et quand tu en as marre de parler de ta supposée importance au sein de la musique française, que te reste-t-il ? Le dadaïsme à deux balles.

On se plaint souvent que les groupes ou chanteurs français, actuellement, explicitent un peu trop l’état du monde ou bien, inversement, se réfugient dans la bluette protectrice. Stupeflip, lui, n’en est même pas au stade du questionnement : sa médiocrité d’écriture l’empêche de cogiter sur l’importance des mots et au positionnement en découlant ; à l’heure où, plus que jamais, la puissance du verbe devient primordiale, cruciale. Pathétique.




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