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Dillon a 29 ans, 29 ans et trois pépites dans sa besace magique, en 2011 "This silence kills", électro sensuelle et émotionnelle , sa pop épidermique, en 2014 "The unknown", un trajet vers l’essentiel de l’âme, simple, légèrement plus minimaliste, et en ce beau mois de Novembre, voici qu’elle dévoile "Kind", ouvrage au bord du néant tant il cherche l’expérience du minime, ouvrage qui traverse celui qui l’écoute, et dont le monde, le travail électronique est une encyclopédie de mélodies organiques, de ce que le corps chante, de ce qu’il cri, pleure ou offre. Dillon s’épluche a chaque couche de sonorités, et l’habille se couvre de pain d’or, et dont la chair se parsème de sons aurifères, et dont le monde s’éclaire a s’en éblouir des dorures de sa voix. "Kind" est la plus minime des expressions, et la plus puissante d’une gaze qu’est sa voix, ceci n’est plus un disque, c’est un traité d’anatomie de l’âme, un livre a cœur ouvert, envoutant, enseignant, disséquant. Dillon est originaire de Brésil mais locataire d’Allemagne, on peut sans doute y trouver la raison du contraste et le miracle de son art. Peut être, en effet, l’origine d’un pays où la chair, le corps, la liberté, le naturel est une base de vie, peut se contrebalancer à merveille dans le froid industriel et puissant, dans la mécanique teutonne, encore faut-il avoir l’instinct de les équilibrer dans des sonorités, des phrasés, des chefs-d’œuvre. J’adore ces artistes qui arrivent à exprimer leurs vies dans les détails de leurs biographies sonores, Bjork, Piaf, Nina Simone (Oui, elle a aussi des effets de voix jazz et rhythm’n’blues)… et Dillon, ce mélange d’horizons y est sans doute pour beaucoup, sa voix même voyage d’un exotisme a un métal, d’un vibrato de détresse a un volume d’allégresse. Dillon a une idée certaine de son pouvoir, et sait comment atteindre son plaisir, a chaque disque s’épure un peu plus son ouvrage, allant vers l’essence même de ses émotions, le noyau de son corps, l’atome même des compositions et l’Adn du son, elle va plus directement a chaque sens, s’y approche de lettres claires, d’une voix claire, d’un esprit cristallin. De l’organique électrifié, du plastique epidermifié, et des profondeurs atteintes de superficies en superficies, de battements en rythmes appuyés, rituels, il y a toujours du shamanisme dans ces quêtes de simplicités, dans ces envies de résumer au son primaire, primitif, toutes les facettes complexes des vies. Dillon n’est pourtant pas une tristesse mise en musique, ses chansons traversent tous les états d’âme, la fragilité, la force, la solitude et la globalité, la peur d’un âge, la sagesse d’un âge. Froidement, on retrouverait le talent scientifique de Martin L.Gore dans la quête de la note parfaite sur le son parfait (certains vibratos vocaux se rapprochent assez d’ailleurs du blondinet frisé), froidement la voix est proche de Lykke Li ou Karin Dreijer Andersson, mais froidement, Dillon a une dimension très intime, rendu a sa minime expression d’univers, un micro cosmos peuplé d’électricité vitale, une douceur, une caresse intense tant elle est essence. Froidement on retrouve cette jeune Bjork qui se cherchait dans son propre corps et s’y perdait, et des Kraftwerk qui trouvaient la chair de leurs touches de clavier, Dillon est enfant accouchée de générations et lieux si divers qu’elle sait recomposer sa géographie en s’éparpillant, et ce "Kind" est une première reconstruction de son nom, un premier retour a l’origine de sa peau, a l’origine du son in utero. En résumé, puisque tout ici se résume au point minimum, "Kind" est un merveilleux disque de sensations intimes, parfaitement noué de chair et d’esprit, de sons exacts, organiques, classiques et réduits, précis, d’une envie d’aller plus loin que soi qui leur donne raison d’être et de poursuivre, et d’une voix qui les nourrissent de grandeur, de profondeurs, de vie.




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