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  • 1er janvier 2010 /
    Reza
    “Moonless” (French Toast)

    rédigé par gdo
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Si je devais bosser dans une agence de pub, qui aurait été diligenté par le label de Reza pour promouvoir la sortie de « Moonless », j’aurais signé une accroche comme celle ci « Si Kat Onoma était notre Velvet, Reza sera notre Calexico ». Comme un publicitaire de province, qui ne penserait pas par exemple au Moldy Peaches ou à Cocoon pour vendre de la lessive ou des voitures, j’aurais une culture musicale sommaire, et j’aurais presque oublié que Kat Onoma pouvait se balader à Tuxson, et que surtout qu’un disque ne se limite pas à un titre, le « Why ? » pour ne pas le nommer. Après, quand on pense au gâchis autour du gang de Burger on peut craindre pour Reza. Car si Strasbourg c’est le marché de noël, l’Europe et les cigognes, c’est aussi la patrie d’un des fleurons du rock français. Mais arrêtons de parler de Kat Onoma, et attardons nous sur Reza, car après une telle digression, pas toujours maitrisée, je crois perdre trois lecteurs à la ligne. « Moonless » a des contours multiples, noyant les comparaisons possibles avec l’eau du bain du morceau précédent. Le ciment c’est cette voix, qui n’est pas sans rappeler le papa de »Meteor Show » (eh gdo tu arrêtes). L’autre point de jonction, c’est cette façon de balader une folk music désabusée entre des buildings. Pas de grands espaces à proximité, donc on rêve, et on monte des échafaudages pour scruter un possible horizon, duquel on cherchera un ami (Desert Land), pour chanter des chansons aussi tristes que pleines d’espoir. Immodérément mélancolique, ces titres s’enchainent avec une énergie évidente. ‘The Letter » suggère une escalade qui, même sans concrétisation, anime nos pas et nous donne de l’élan. Urbaine, mais capable de se muer en magnifique ballade de Cow Boy (Boozer’s Talk II /Grey Window) ayant ses chevaux en retraite, la musique de Reza cherche l’ombre quand il semble faire chaud, et le soleil quand l’atmosphère semble à se rafraichir. Le mauvais publicitaire que je ne pouvais être, aurait certainement fini par dire « Reza, ou le grand Ouest américain dans le soliloque d’une ville sans horizon ». Il faudra dés lors une bonne imagination pour visualiser, ou simplement acheter ce disque, et là le slogan est radical. Un gros coup de cœur.




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