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En pointant du doigt un point noir, centre d’une étoile elle porteuse de points colorés, les Moonjellies se montrent directifs. Pochette que l’on pourrait devoir aux graphistes qui sévissait au sein du Flying Circus est en faite un leurre, car les Mononjellies sont plutôt des jeunes gens hirsutes et bien éduqués. Si les références sont à chercher du côté de l’Angleterre, le traitement et ses tendances folks rapprochent aussi le groupe des Etats Unis (Elliott Smith n’est jamais bien loin). Mais s’est bien avant tout du côté de Covent Garden qu’il faut chercher les inspirations d’un quatuor qui s’accorde à ne rien laisser au hasard.

Dans un foutoire champêtre, Julien, Damien, Vivien et Guillaume range leurs références avec passion et talent, jouant des arrangements (« Whispering Stone » est juste l’une des plus belles chansons de l’année) comme on jouait avec nos Dinky Toys, avec passion mais mains de velours. Si on pourrait d’ailleurs penser à une forme de tétanie face à ses perles magnifiques (« seul « Come Across Your Shade » semble bruler de l’intérieur, sans contrôle), on ne peut que s’avouer sous le charme de ces chansons précautionneuses, ces tranches de vies sautillantes et joliment cousues. On y rentre avec les patins sous les chaussures, on porte notre plus belle chemise, un parfum boisé délicatement pulvérisé dans notre cou. On se sent tout à la fois aussi bien accueilli que chez un ami, mais légèrement contracté comme quand nous faisons face à notre assiette et nos couverts dans un grand restaurant. On espère que la nappe se désolidarise, que les couverts volent ou dansent, et que les plats explosent dans notre bouche, on aimerait avouons le que les guitares de « No Better Side Of The road » prennent plus le pouvoir.

Précieux et rock, Moonjellies rend son application d’horloger Suisse tout aussi attachante que frileuse, car face à ces chansons on a peur de casser quelque chose, par un mot, même une pensée. Intimidant, le disque réclame du temps et une bonne dose culture musicale, pour comprendre que derrière une mélodie peut certes se cacher une référence, mais que derrière celle ci le groupe attache les fils qui lui serviront pour la manipuler comme une marionnette. Une belle piqure venimeuse, qui donne à la pop des raisons de connaître une nouvelle puberté pleine d’émois.




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