> Critiques > Labellisés



Marre du froid, des jours trop courts, de la grisaille ? Placez la galette de "Long Time No Sea" de The Keys sur votre platine, appuyez sur play et hop, d’un coup, vous voilà projeté dans une atmosphère chaleureuse, remplie de lumière. Le titre fait d’ailleurs allusion l’enregistrement dans des conditions pas aisées, dans un studio à la Guadeloupe, où le producteur préférait souvent annuler une session d’enregistrement pour aller profiter de la mer !

Toujours est-il que sur chaque plage de l’album, la voix principale est chaude, la guitare virevolte, façon pop’n’surf, les choeurs sentent bon le sable jauni par le soleil, la basse marque un tempo chaloupé, les cuivres se démarquent façon reggae, la clarinette se joue façon jazz, le violon est virevoltant et tout cela provoque une joie appréciable. Parfois, on est proche du mélange entre Klezmer et funk, entre pop et reggae.

Tant d’instruments amène une question : mais combien sont-ils dans ce groupe ? En fait, un seul. The Keys est l’alias de Boris Paillard, Français exilé au Canada. Et qui tourne régulièrement en Amérique du Nord et en Europe, à coup de couch surfing et de relations amicales pour trouver des dates. Et cet album a été enregistré au cours de l’une de ces longues tournées dont le "groupe" est coutumier. A tel point que plus de quarante musiciens jouent sur les huit titres. Et pourtant, l’unité est évidente et l’ensemble se tient parfaitement.

Ne connaissant rien du groupe avant d’entendre cet album, et avec un nom pareil, placé sous le signe des groupes rock en The (Libertines, White Stripes, Black Keys, etc.), nous nous imaginions plutôt qu’on aurait à faire à de bonnes grosses guitares rock. D’ailleurs, on avait vu The Keys solo au festival Mo’Fo, c’est dire. Alors qu’en fait, The Keys est parfaitement calibré pour toutes les soirées étudiantes et autres festivals d’été, dans lesquels on veut pouvoir danser dans la bonne humeur et la légèreté idoine. Que du bonheur, en somme.