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"J’ai jamais aimé finir le travail, ça me plait de laisser une chanson à moitié faite, les tripes à l’air comme cette femme que l’on bâclerait au climax." C’est avec des paroles de « Le Soleil Revient » que je commence volontairement cette chronique, car ces paroles expliquent bien ce que va être le reste de cet album, 30 titres (en 50 mn) comme autant de chansons pas totalement abouties, pas complètement terminées, mais absolument indispensables. L’album composé en 10 sessions d’enregistrement de Mars 2011 à Août 2012, « Bagarres Lovesongs » est une œuvre totalement originale, si l’on excepte trois reprises qui sont là pour palier une carence dans l’écriture de Gondard, son impossibilité de composer avec un style ( « Le visage du christ, "Jamais je n’aurais pu composer ce tire-larmes. Désolé de vous décevoir.").

Les morceaux semblent tous être enregistrés sur des bouts de B.O., de musique classique enregistrée pour des compilations du défunt club Dial. Le décalage peut alors prendre toute sa mesure avec des textes étonnant, grinçant, décapant, comme si Houellebecq rencontrait Desproges dans un Orient Express faisant une liaison entre Paris et Moscou alors que la fin du monde semble se dérouler derrière les fenêtres des wagons. Notre Frère Nubuck, chante avec urgence, tension nous empêchant de prendre tout cela à légère, comme si tout était on ne peut plus sérieux, en dépits d’un habillage qui pose question.

Livré avec un journal (nique la dématérialisation, merci SBHRR) reprenant les 30 titres, « Bagarres Lovesongs » est effectivement un disque de combat et d’amour, un disque qui en dit long dans l’état d’énervement et d’émerveillement dans lequel le monde nous laisse. Expérience obligatoire.




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