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20 ans... Déjà 20 ans que les Tindersticks nous accompagnent. Je me rappelle encore le choc éprouvé à l’écoute du premier album en 1993 avec cette évidence que Stuart Staples et ses sbires seraient des compagnons de route pour longtemps.

Le second album ne fit que confirmer ces impressions avec ces élégies désespérées jamais dénuées d’humanité.

Chaque étape de la discographie du groupe ne fit que prolonger cet enthousiasme inaugural.

Aussi quand le groupe décida après un bel "Waiting For The Moon" de se mettre aux abonnés absents, nous comprîmes combien ils nous étaient devenus indispensables en rendant cette absence insupportable que même une carrière solo très honorable de Stuart Staples ne put faire taire.

Quand les Tindersticks annoncèrent leur retour avec "The Hungry Saw", ce sentiment d’être orphelin s’estompa.

Cette longue mise au repos fût comme une renaissance pour le groupe.

Avec "Across Six Leap Years", L’ami de longue date Stuart semble vouloir marquer un bilan apaisé des vingt ans passés comme une page qui se tourne pour mieux ensuite prendre de nouveaux chemins.

Vous reécouvrirez "Marseilles Sunshine", extrait d’un de ses albums solo décidément à réévaluer.

Et cette reprise totalement réappropriée de "If You’re Looking For A Way Out" d’Odyssey.

Nous retrouvons dans ce best of en forme de réorchestrations de titres passés cette passion ancienne pour la musique Black, pour preuve "I Know That Loving" où la voix de Staples convoque les spectres des grandes voix noires américaines. Vous penserez au Jack de "Pioneer Soundtracks" sur le sybillin "What Are You Fighting For ?"

Ceux d’entre vous qui attendent les morceaux évidents des Tindersticks, ce qui attendent "Tiny Tears" ou "Jism", ceux-là passeront leur chemin ou plutôt devront s’attarder pour succomber doucement aux mélopées classieuses du groupe qui ne sut jamais choisir entre un certain son anglais et les sirènes luxurieuses des Amériques.

"Sleepy Song" n’est pas éloigné de l’univers de Nick Cave, référence assumée du groupe... C’est étrange comme cette version trouve des similitudes avec le titre "Push The Sky Away" du dernier album des Bad Seeds... Ecoutez-les à suivre, vous verrez, c’est troublant !

Ici, sont réunis le violon d’un Warren Ellis fantasmé , les trompettes d’un Love qui résonnent des limbes....

Nous en aurons encore des flots d’enthousiasme à l’écoute des albums des Tindersticks... Nous resignons encore pour vingt ans avec Stuart Staples toujours au rendez-vous de l’excellence.

www.tindersticks.co.uk/




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