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Le Sphinx fait partie de la mythologie grecque : buste de femme, corps de lion, ailes d’oiseau. Il cause misère et désolation en Béotie (jusqu’à ce qu’œdipe résolve son énigme, mais c’est une autre histoire). S’appuyant sur le travail vidéo et photographique de Stéphane C., le groupe Oiseaux-Tempête a enregistré un premier album de post-rock visuellement et politiquement frappant, expérimental, comme un claque dans la gueule, comme l’envol d’un aigle furieux, comme l’attaque du Sphinx en Béotie.

Frédéric D. Oblerand (FareWell Poetry, Le Réveil des Tropiques, The Rustle of the Stars), s’est associé à Stéphane Pigneul (également membre du Réveil des Tropiques et de FareWell poetry) au percussionniste et batteur Ben Mc Connel (Gold Leaves, Au Revoir Simone, Beach House, Phosphorescent, entre autres).

Stéphane C. est venu en Grèce, muni de son matériel de prises de son, de prises de vue, photographique et vidéo.

La Grèce a perdu de sa superbe depuis l’Antiquité. La contrée d’Homère, de Socrate, Platon, Épicure, Aristote, où les mathématiques, la physique, la médecine, le théâtre, ont surgi des génies d’alors, est ruiné. Chômage, racisme, crise économique, la Grèce est au bout du rouleau. Et Oiseaux-Tempête, avec force, mélancolie, colère aussi, nous emmène là-bas, comme un message d’alerte : ne pas sombrer, survoler la tempête, prendre son envol, voir plus haut. Oiseaux-Tempête prie, avec désespoir (Kyrie Eleison, traduit du grec en "Seigneur, prends pitié", qui est un chant liturgique), avec puissance aussi (La Traversée). Les titres de l’album utilisent des symboles pour faire passer des messages, ainsi Ouroboros, qui est aussi un serpent qui se mord la queue : l’éternel retour, l’éternel recommencement ? La Grèce antique s’est effondrée, et la Grèce moderne est à l’image de notre monde en miettes. Avec l’Île, on plonge dans les ténèbres d’un labyrinthe sans fil d’Ariane pour rejoindre la sortie.

Stéphane C. a enregistré la vie, en Grèce, et dans chaque morceau, des sons capturés par lui et Frédéric D. Oberland entretiennent la tension : une voix d’homme, des sons de la nature, la mer, associés aux machine et instruments. L’album alterne entre vives montées (comme une tempête qui détruit tout) et éclats de lumières vives. Oiseaux-Tempête développe son discours dans un univers visuel sombre et poétique. C’est bouleversant.




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