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Chez ADA nous avons un luxe : le temps !

J’ai donc usé de ce droit souverain car j’avoue avoir eu au départ le principe de la Gentiane en inversé. A savoir que d’abord on trouve ça très amer, puis à force on s’habitue à ce nouveau goût, pour y revenir en l’appréciant plus à chaque gorgée. Ne voyez dans ma métaphore éthylique ni mépris ni moquerie à l’encontre de la provenance de Motorama. Il est vrai tout de même que la destination atterrit rarement dans nos bacs, bien que j’ai eu beaucoup d’occasions de chroniquer des disques russes dans un autre registre (le funeral doom pour lequel ils sont excellents aussi, mais ça c’est une autre histoire). Bref, "Calendar" a fait l’effet d’une bombe et a trouvé un écho impressionnant chez nous. A cette occasion Talitres ressort le premier album, tant qu’à faire ! L’idée est aussi bienvenue que le disque. Au menu, la surprise sera absente à moins que vous n’ayez une drôle de capacité de rétrospection temporelle. A savoir s’étonner d’entendre déjà tout en substance. Me méfiant des "phénomènes unanimes" comme de la peste (bien que le nom "talitres" a tout de suite modéré ma méfiance) j’ai abordé le sujet avec l’œil du rapace, attendant un mouvement pataud pour fondre sur ma proie. Mais les premières impressions ont eu immédiatement ce goût de reviens-y. Puis j’écoute, j’écoute, j’entend, d’autant plus que j’aime les disques qui me résiste un peu (pas comme Woodkid qui me fuit carrément, mais qu’il se casse !). L’effet comparatif est quasiment inévitable surtout que c’est grâce au succès du second que ressort "Alps". Ce premier album est beaucoup plus référencé, entendez par là moins personnel et distinct que "Calendar". Pour autant ça n’est pas un aspect négatif car il y a de quoi se réjouir avec ce disque, que ce soit avec "Northern Seaside" qui l’ouvre admirablement par ses digressions cold-wave de toute beauté. "Warm Eyelids" est très entraînant et tubesque, ça nous renvoie direct dans les 80’s, comme une cure de jouvence que "Compass" remplira de plus belle. La dynamique de ce groupe est excellente, il y a une humeur contagieuse, je prends "Letter home" en témoin. Comme une volonté de s’extraire d’un environnement, par la musique, les aidant à rêver. Entre temps le rêve a pris le pli de se réaliser, pour une fois qu’il y a une justice ! "Wind in her hair" complète la panoplie que ce disque aborde avec une superbe mélodie et une ambiance paradoxale, entre batterie entraînante et voix nuageuse. "Alps" sonnera comme le point culminant de l’album en cela qu’il le résume. Sorte de tentative de synthétisation réussie ! Au fond ce qui est le plus marquant dans l’évolution du groupe, qu’on analyse aujourd’hui à l’envers, c’est bien la voix ! Elle a fait de grands pas sur le chemin de sa personnalisation. L’album donne une impression d’homogénéité qui reste au service de l’ambiance et laisse deviner le processus créatif. Le son est très bon, l’inspiration très féconde.

"Alps" est un départ de haute volée, une marche logique vers la grande réussite qui suivra.




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