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A l’origine ce disque devait être disponible le temps du disquaire day, fête que nous avons importée chez nous en oubliant de garder la philosophie de la chose pour en faire une chose sans âme, mais pas sans arrière pensée.

Donc pas de chance pour ceux qui croyaient avoir un collector qu’ils pourront monnayer contre quelque euros sur un site de vente en ligne le jour où il faudra remplir la cuve à fuel, ce disque est disponible chez tous les bons disquaires.

Longtemps vache à lait de l’industrie du disque, le disque Live a pourtant une place à part dans la discographie de Murat. Muragostang est l’exemple même de la véritable création le temps d ‘un livre, comment emmener ses chansons ailleurs. Accompagné du Delano Orchestra, Murat confirme qu’il ne faut jamais oublier qu’il est là, et bien là. Si la surabondance de biens ne nuit pas, la foisonnante et impressionnante discographie de Jean Louis Murat finirait presque par nous faire passer à côté de perles, de chansons que nous aurions ratées comme un joueur de Clermont rate une pénalité en face des poteaux un soir de finale du Top 14. Pas un single dans ces cinq chansons gravées ici dans le vinyle, mais cinq monstres de poésie, volcans d’émotion, magnifiées qu’elles sont par la présence du groupe Delano Orchestra.

Ce disque prouve à ceux qui en douteraient, qu’un concert de Jean Louis Murat est une rencontre du réel. En face de nous un artisan nous présente son travail avec une abnégation et une force que beaucoup pensent absente chez un Murat souvent trop connu par le grand public via des prestations télévisuelles souvent borderline. Ici l’auteur de « Mustango » démontre que le taulier de la chanson d’ici à un chant à la sensualité faisant fondre plus que les cœurs tendre (les ronces), toujours les deux pieds plantés dans une terre nourricière (l’extraordinaire « Mujabe Ribe »).

Ce disque est en quelque sorte un don, contre les privilèges, sauf celui de partager l’excellence.