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Annie Lewandowski compose des folk songs déviées, trompeuses ; des performances en temps de guerre, de soyeuses harmonies en territoires post-apocalyptiques. Très éloignée, par exemple, d’une Sharon Van Etten ou d’une Jenny Lysander (pour ne citer que deux chanteuses « folk » ayant récemment publié des albums aussi touchants qu’insidieux), Annie Lewandowski, sous le très rock nom de code Powerdove, traque le lumineux pour mieux confronter celui-ci à de furieuses attaques sonores. Totalement ovnis, magnifiquement hors du temps (ces chansons ne viennent de nulle part et se dirigent, sereines, vers un hypothétique ailleurs), les onze titres de « Arrest » (cinquième ouvrage de l’américaine après, notamment, le très remarqué « Do You Burn ? ») entremêlent des instruments aussi divers que l’accordéon et le banjo, mais également : des peaux de tambour, des frappements de pieds ou… un orgue à la bouche (une douce folie que l’on doit à Thomas Bonvalet, déjà croisé à la Fender chez Radikal Satan).

Pourtant, malgré les crissements, les dérives barrées et les humeurs variables (« When You’re Near » déstabilise pendant que « Be Mine » apaise l’ambiance), « Arrest » est un album à vénérer comme, enfants, nous écoutions les comptines récitées par nos parents. Il y a ici comme un besoin de fuir l’innocence des premiers jours ; en même temps, chez Annie Lewandowski, tout nous ramène à l’émerveillement originel procuré par l’horizon des possibles, par l’instantanéité d’une période humaine sans crainte ni obligatoire questionnement adulte : un balancement entre la virginité enfantine et les fiévreux cauchemars de l’âge « responsable » que nous avions déjà croisé dans le séminal « What Would The Community Think » de Cat Power (ou bien dans le « Blue Velvet » de Lynch). Sans aucun doute : l’une des sorties parmi les plus marquantes de la prochaine rentrée musicale.




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