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J’aime la fièvre, j’aime la tension d’un mal qu’on ne défini jamais assez bien pour le haïr. La fièvre, bête hirsute enjolivée de nos visages, petite légion de perles de sueurs qui cheminent sur les champs de batailles de nos tempes, et sur tous nos fronts de Maginot hallucinés. J’aime la fièvre, cette sensation de salissure intime le long. J’aime les nerfs qui se tendent jusqu’à l’étranglement, simplement vêtu d’une aura de romanticisme aux canines jaunes de chiens survivants, j’aime les tendons où le flot de sang déverse ses crues, sans remords si ce n’est l’élégance du bon gout de l’énervé dans la transe, l’artiste, l’artiste s’abreuve de fièvres. J’aime ces chaleurs si humides qu’elles brulent la chair avant d’effleurer la peau, cet air étouffant d’un Mississipi aux boues pétrolées, aux eaux bénites vénéneuses, la lourdeur, la lourdeur, l’épaisseur du son, confiture d’âme qui cherche a s’étaler a coup de tranchant de couteau entre l’enclume et le marteau de nos oreilles souvent si propres malheureusement si propres. Ces furies qui déchirent les ongles, sept cordes, sept cordes comme poussées nocturnes de fièvres, que les tranquillisants ne chassent de nos esprits, la torture régénérative de nos sens, deux baguettes, seulement deux baguettes que les médicaments de pluies froides et mélodies huilées n’arrivent a dissiper de nos doigts fébriles. J’aime la fièvre quand elle retire le peu de raison qui nous rendais sage, et ouvre les pores a des rages, des sauvageries obscures, des blagues mortelles, des accès sans permis aux bris de nos os, aux brusques gestes de nos défouloirs, J’aime la fièvre quand la puissance de ses sons nous donne vie au-delà de nos vies, j’aime la fièvre quand elle remue a coups de marteaux étincelants les habitudes des petits matins –cafés- chemins. Moi qui aime le calme soleils des Mai et Septembre, je découvre le vice agréable, le divin petit arrière gout, des tempêtes de Novembre et froideurs arctiques de février. Moi qui me couche sur les folks mélodieux et gentils rocks de grands espaces, je retrouve l’état primitif, j’explose, j’implose sur le parterre de ciment et ferraille de ce disque, et m’enferme entre les parois de mes propres tendons de ce furieux rock aux troublants égouts de pouvoir darks et m’excite sur la face cachée de la lune, c’est mon romantisme qui se décharge en chaos, c’est ma sagesse qui enfile les sexes sur mon désordre. Voilà, je demande le mal, je demande la maladie, parfois, quand le calme est trop là et les heures ont 60 minutes bien comptées et rangées a la queue l’une de l’autre, je demande l’ambition des poings, le don des armes, le discours des démons ivres, je demande l’armistice a la bienséance, et détruit de mes ouïes les armées des minutes si bien faites de 60 secondes si bien organisées comme promenades de moines. Je prie ces groupes de noirceurs belligérantes, avides de guerres et mythologies ombragées, dont l’ésotérisme est un roulement de tambour incessant qu’élèvent des basses profondes comme puits vides, il est question de baptisme, de retour, d’exorciser le normal, le Wild Side, et d’arracher de nos mains tissées le sain, le bon, le logique, et sentir le bonheur d’une fièvre au fond de la steppe vocale d’Edwards et le jeux clair-obscur de tous ses jouets sonores, infanteries et chevaleries de diables et loosers, cordes et peaux. J’aime la fièvre quand elle dure juste le temps de ne plus être là, peut être ne plus être, le temps de 10 péchés capitaux, a chacun plus éraflé que l’autre, a chacun plus sanglant, a chacun plus enivrant, a chacun plus vivifiant, j’aime la fièvre quand elle bouscule les globules et plisse les yeux, de temps en temps, pour que la maladie ne soit drogue. J’aime la fièvre quand elle est sonore.




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