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Alors que s’écoule cet été indien interminable. Que les terrasses de Paris restent fréquentées jusque tard dans la soirée. Que l’on se laisse aller à la douce torture de l’incertitude…My Name Is Nobody offre son Safe Travel…Et c’est comme un miracle. Une pause salvatrice, des chansons suspendues au-dessus des canyons, de paysages d’une beauté éthérique. Vaporeux oui…Il faut bien poser le mot. Mais il s’agit d’autre chose…De plus impalpable. D’un blues climatique, d’une sensibilité qui ne se perd pas dans la complaisance ou le lyrisme. Puis l’on voit enfin, des arbres balayés par un vent automnal. L’on pense alors aux dénigrements, aux aigreurs. Aux ondes négatives qui tentent de tout renverser. Tout et surtout le plus pur.

Je me dis que My Name is Nobody est non seulement un nom magnifique. Mais, qu’en plus, il est vrai. Qu’il est empli de vérité. Qu’il est comme ces arbres, tout d’un bois. Peut-être fragiles, en apparence, mais si proche de la perfection … de Smog, Will Oldham… De cette démarche qui consiste à rechercher dans la lenteur puissante d’une musique gracieuse et sombre, un apaisement inquiet. Ce « fort de sa faiblesse » qui résonne douloureusement. Qui traverse tout le disque. Qui s’impose comme un leitmotiv, une belle et profonde antienne. Intemporelle…

Je vais me glisser

dans ce désir. Depuis

toujours confié au

silence, quitter cette

vie pour une autre,

et cet instant, cet

instant de passage,

qui ressemble à l’

impudeur déchirante,

aux chairs capturées

dans ma mémoire.

Lumière suspendue

comme à des marches,

au seuil de bordures

intérieures, ma

trame de fond, ma

vie…Je perds

la première, gagne

la seconde avec toi.

A la hauteur d’une

pluie d’été…Ce

Dieu au début qui

ne peut rien ajouter

de plus beau à ta

présence, le souffle

précieux de ce

nous, le visage

de ce monde révélé.