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  • 29 juillet 2018 /
    Papapla
    “Sounds of Papapla Volume 1” (Site)

    rédigé par gdo
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La chanson française dite indépendante a ses maitres étalons qui finissent par fragiliser le promontoire sur lequel ceux qui s’y essayent peinent à y monter sans se prendre les pieds dans ce carrelage (oui elle s’est bien enrichie avec le temps la chanson d’ici) qui se lézarde. Entre abandon pour se consacrer à une activité plus bruyante ou fumeuse, les alpinistes du verbe français ne sont plus légion, n’en déplaise à ceux qui voient en Chaton et consort le Plan National de Libéralisation du français.

Papapla, lui, duo composé de Thierry Lolon, anciennement leader du groupe “Band of Ghosts” et de Martial Hardy, co-fondateur du label “les disques Normal”, a choisi de ne pas choisir, tout en prenant une direction. Elle pourrait lui permettre de boucher les fissures pour monter encore plus haut.

Une moitié de chansons en français, une autre en anglais. Pour la langue et le style, nous pourrons aller chercher dans les premiers Mendelson, dans la poésie désabusée et froide de Houellebecq (Saint-Tropez comme la chanson ultime du vu et du voyeur) ou dans le romantisme noir de Jean Bart.

Pour les atmosphères, les thématiques l’ombre du cynisme hilarant d’Arab Strap arrivent à côtoyer des instrumentaux verbeux à la manière d’un Mogwai qui en ne se réinventant jamais vraiment arrive à nous offrir plusieurs facettes (Pare Prise #3). Il y a dans ces chansons la façon tout aussi romancée que cinématographique d’Arnaud Fleurent Didier de décrire un environnement qu’il soit le sien ou pas, avec une froideur quasi chirurgicale, et dionysiaque pour peu que nous adorions le cinéma d’Eustache ou de Truffaut.

Les chansons sont faites avec pour mission de ne jamais dépasser un certain volume, ne déployant de force que dans les textes, la musique elle portant avec une fausse légèreté la connerie du monde dans ce qu’elle a de plus crasse.

Le disque ne trompe jamais son monde, n’avance pas véritablement masqué, mais se laisse découvrir, déflorer, d’écoute en écoute. Une certaine idée de l’escalade du promontoire, pour grimer la statue en lui plantant un drapeau dans son fondement. À découvrir absolument.




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