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  • 7 octobre 2018 /
    Zëro
    “Ain’t that mayhem ?” (Ici d’Ailleurs)

    rédigé par FLK
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Comment aborder cet édifice ? Par un inventaire ? Par le son ? Par la pochette ? Ah oui, tiens, pourquoi pas.

Parlant d’architecture, on se demande bien comment cette fausse tour de Babel squelettique peut tenir debout, et ce qu’elle peut contenir d’effrayant ou de chaotique ? La réponse n’est pas forcément dans le disque. Trompé par la pochette, donc ? Pas vraiment non plus. Ah. Le mystère s’épaissit.

Pour qui connaît le parcours de 2 des éminents membres de ce groupe, précédemment au sein des mythiques Deity Guns puis des non moins mythiques Bästard, la surprise ne sera pas forcément de mise. Et si on suit Zëro, encore moins. "San Francisco", le précédent album, et leur premier à 3 (ils étaient 4 à l’origine) donnait l’impression que les portes avaient été grandes ouvertes, et que les limites n’avaient plus lieu d’être. "Ain’t that Mayhem ?" poursuit le dynamitage en règle des frontières de styles et invite l’auditeur exigeant dans un monde parallèle, où tout est possible, parce qu’on ne s’interdit rien.

L’attention se porte sur les ambiances sous-jacentes, les thèmes se développent pour mieux se casser un peu plus tard, sans ébranler l’édifice, jouant autant de la tension que du relâchement. L’album, alternant morceaux chantés et instrumentaux, se révèle tour à tour ambiant (la fin de "The kung fu song", qui débute pourtant bien tendu), répétitif et progressif (le splendide We blew it, San Francisco II,…), post-rock, blues (mais un blues à leur sauce, hein), frise parfois le jazz, le tout avec une cohérence et une maîtrise qui force le respect, et fait toujours plus douter d’une quelconque fragilité de la construction.

On évite cependant l’élitisme qu’on pourrait voir surgir au détour d’une phrase alambiquée de chroniqueur incomprenant. La reprise métamorphosée et inquiétante d’"Alligator Wine" de Screamin’ Jay Hawkins en est une preuve flagrante. Vu d’un autre angle, "Underwater frequencies" nous replonge avec une émotion non feinte dans l’atmosphère de "Radiant, discharged, crossed-off", le fantastique dernier album de Bästard.

Malgré une atmosphère pré-apocalyptique, cette cathédrale instable ne semble finalement pas prendre l’eau ni menacer de s’effondrer. Encore qu’on pourrait se demander si tout n’est pas "fake from the start", si tout n’est pas qu’un jeu depuis le début, et qu’il ne reste déjà plus rien de ces bâtisses dégingandées.

Zëro en tournée

09/10 - Deep Inside - Dijon (21)

10/10 - Passagers du zinc - Besançon (25)

11/10 - La Péniche - Chalon sur Saône (71)

12/10 - Black sheep - Montpellier (34)

13/10 - Le Ravelin - Toulouse (31)

14/10 - Le Chien Fou - St Antonin (82)

07/12 - Le Poulpe - Reignier (74)

08/12 - Festival NNY - St Etienne (42)




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