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Si le Marseillais Ultrateckel devait se réincarner en objet, il prendrait sans aucun doute l’apparence d’une pochette-surprise à la profondeur insondable.

Capable de se renouveler constamment, tout en prenant son temps, il a entamé ces dernières années une mue des plus saisissantes : le voici assez loin de l’artisanat garage-rock qui le caractérisait, tout en continuant à faire la nique à ce qu’on pourrait résumer globalement par l’"Internationale de l’Esprit de Sérieux".

Toujours mû par une conscience D.I.Y. indéfectible, et après avoir appris à en maîtriser la grammaire Lo-Fi, il s’est efforcé de lui bâtir une syntaxe flambant neuve et surtout un vocabulaire enrichi en acide lysergique. Ainsi maître de ce nouveau dialecte, les réflexions et les remises en question de ce pourvoyeur d’idées fraîches ne se sont pas arrêtées à la porte de son home-studio ; témoin l’enthousiasme mis à sortir les quinze titres de ce Pamachacha. Un disque copieux, idéal pour partir à l’assaut de l’espace comme de la douceur de son paddock. Un disque-monde, oui ! Un disque-balsamique, aussi !

Chantre d’un chant fervent et un brin halluciné, porteur de textes on ne peut plus cryptiques et souvent poétiques - qu’on l’imagine aisément éructer les bras au ciel, poncho flottant au vent d’autan au milieu des champs du Sud-Ouest, son actuel fief. Au fil de ce Lp Ultrateckel se transforme ainsi en grand sachem noisy, redoublant de psalmodies co(s)miques, de mantras tribaux et d’aphorismes punchlinesques. Mais là où toute une palanquée d’artistes subversivo-indie, on fait de ces bases les gimmicks inquiétants d’utopies pseudo-hippies au décorum bien chiqué, lui ne triche pas. Pas de simagrés. Pas de poses. Franchement, on sent - on le sait, en fait - qu’il y croit profondément. Et cette sincérité, ça fait du bien ! Du bien à un disque qui, tortueux, extasié d’amour, les yeux cramés par les étoiles, tantôt heavy et puissant, tantôt surexcité et habité, un peu branque aussi, est d’une coolitude psyché-noise exorbitante. Et ça pour le coup, c’est à nous que ça fait du bien. Steak de soja, papillons, rouge-gorge et cosmos sur tout le monde ! Arrraaahh !




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