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Dans le grand bahut de notre vie les tiroirs sont remplis de souvenirs différents. Les bons essayent de recouvrir les mauvais, certains mauvais nous aident à encore plus apprécier les bons, certains bons nous emmènent vers le fond pour toucher la mélancolie. Avec ces souvenirs nous nous construisons, parfois nous nous détruisons, mais ils sont là. "Rocéphine" est un souvenir pour Thomas Belhom. Un mauvais puisqu’il le ramène à la maladie, recouvert d’un très bon, puisque c’est elle qui le guérira. Revenu d’un des versants les plus raides de nos vies, Thomas Belhom n’a pas voulu témoigner via un vecteur putassier, se jouant avec classe à la fois des poncifs du genre, mais surtout avec ce qui le rongeait. De ce qu’il y a de pire, Thomas va en faire une fresque superbe, répondant à l’une des phrases emblématiques de l’album « tous essayes de toucher au sublime ». Musicalement Thomas n’a pas changé, les sonorités sont anciennes (Local Loco). La musique est écrasée par la chaleur, comme « A Meaning Shovelfull of Promises », titre totalement habité et magnifié par la voix irremplaçable d’un Stuart Staples au sommet de son art. Sans se rependre en détails, Thomas s’offre une introspection, un chemin que l’on fait seul (Ciel) et qui nous habitera pour toujours. Le chemin a beau être dur il n’empêche que la vie reprendra toujours ses droits. Titre hallucinatoire presque, à l’image des jouets pour enfant aux sonorités apaisantes, « Champignons Agréables » fait l’effet d’une tisane de paciflore provoquant des rêves merveilleux. Mais tout n’est pas angélique n ‘en déplaise au sautillant « Got TVI », une rencontre entre Goran Bregovic et Disposable Heroes un soir chez Calexico, car derrière « La Rue de L’Esperance » s ‘esquisse des craintes en nous. Alors on fait appel à des esprits autres, comme une mantra (Excursion / Yuma) pour s’éviter à avoir à recomposer un jour « Temps Allongé », titre éprouvant et intime à l’image de ce qu’a pu faire Michale Cloup récemment. Thomas pourra alors revenir à ses amours, à ce post rock mélancolique et chaud (Shimmy Shango) ultime balise d’un chemin plein d’embuches. Si l’art le plus pur est le fils d’une souffrance, ce nouvel album de Thomas Belhom est le fruit d’une douleur puissante. De celle ci est née "Rocéphine", la racine au sens propre de la guérison. Louons alors à Thomas de nous offrir celle ci au figuré pour guérir nos blessures intimes, qui certes nous construisent, mais nous détruisent aussi. Un grand disque de reconstruction.




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