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Je croyais n’avoir que ça à vous offrir, ma musique cristalline, simple et exotique et tous ces ailleurs que vous pouvez imaginer, que je vous signale, je ne croyais pas avoir plus que ça, dit Thomas Belhom du fond de ses entre-lignes, mon savoir faire de pécheur de sonorités, qui cuisine sa pèche d’eaux tropicales a petit feu de mots, je ne croyais qu’avoir ça. Mais je me réveille ce 10 du mois de Novembre, l’objet est là, bien là, enfin là, physiquement là, et il a mon visage, rides et teints, et il a ma chair, sa tendresse et sa saveur. Je vois, je vois alors, que ce que je vous offre a la couleur de ma chair, et les organes un a un qui m’habitent et font de moi ce que je suis, ce que je crée, et font de moi ce que dit ce disque, voila mes reins et les acides qui le baignent et les nourritures qui le forment, voila mes poumons et les parfums et vents qui l’emplissent, voila mon cœur et les rythmes qu’ils marquent, les contes qu’il narre, voici mes yeux et les horizons qu’ils dessinent, voila mes nerfs et les combats qu’ils préparent, mes nerfs et les phalanges qu’ils meuvent sur les cordes et touches, voila ma chair, sucrée-salée, reflets de voyages aux soleils, voila mon cerveau et les choses qu’il veut exprimer de la manière qu’il veut sentir, voila ma bouche et les aromes et visions qu’elle veut tatouer sur vos ouïes, mon ouïe, et la biographie de mes pas jusque là, le son de chaque enjambée depuis le premier son. Moi, Thomas Belhom, je suis le disque même de moi, mes thèmes sont mes regards en moments précis, l’objet est moi, clone de ma vie, sosie de mes envies, siamois de mes dérives. Dés lors mes gestes amples sont le style de mes mélodies, chaloupées maritimes, bords de plages au coucher légèrement nostalgiques, flux de vagues calmes, comme petits pleurs qu’on ne sait si tristes ou joyeux, mes yeux sont là pour les lacrymales chaudes de belles images marines, des vahinés susurrent, des paquebots s’effacent, mais tout reste organique, tout reste pris entre mes muscles et mes os, les transatlantiques dans mes veines aux brumes Jazz, aux ondées lougnes, sont les histoires de mon squelette, je vous ai tout offert de moi, là, dans cette croisière a l’intérieur de moi, je vous offre toutes mes sensations, je découvre ma moelle épinière électrique, qui répète sa navigation jusqu’à la nuque où les sons redeviennent matières et matériaux. Mon corps est port. Je suis objet pour l’accalmie de vos oreilles, pour la paix de vos écoutes, pour que vous trouviez mon corps, tronc tête et membres, a vos côtés sur les radeaux de naufrages et les voiliers de luxe, mon corps aux marées. Je me réveille ce matin du 10 Novembre, l’objet et les océans sont là, autour de mon corps, en lui et au-delà de lui, maritime est mon autoportrait en mille dimensions, moi qui croyait n’avoir que ça à vous offrir, voila que je me suis donné.

Pardonne moi, Thomas, pour parler a travers de toi et inventer ces mots dans ta bouche, mais a l’écoute de ce disque, on est un peu toi, organe a organe.




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