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Un jour, je vais devoir écrire mes mémoires pour que ma fille, ou ses enfants, qu’ils comprennent pourquoi un jour j’ai décidé d’écrire une chronique sur un EP de Wonderflu alors que, petit a il y a la énième finale de Rolland Garros entre Nadal et Djokovic, petit b que le temps est plus propice à la ballade qu’à passer son temps derrière son Mac et petit c j’étais autant à la bourre sur cette chronique que pouvait l’être My bloody Valentine pour la livraison de son nouveau disque.

Mais pourquoi ? Déjà car la pochette est superbe, et quoique peuvent en penser les gamins qui dématérialiseraient même leur mère, une pochette c’est important et cela peut être fantastique. Ensuite car Wonderflu est un groupe sympathique, et là vous allez me dire que Barbelivien est probablement un chic type, et là je pense que notre amitié, notre relation sera terminée. Mais la raison principale est que cette musique me replonge dans des années où la musique avait une telle résonnance chez moi que j’étais capable de m’habiller, de me coiffer et de me mouvoir comme le leader du groupe, chose qui aurait sur notre Greg Bod un effet que destructeur, celui ci ayant un disque de l’année aussi souvent qu’une facture de Bygmalion sort des imprimantes au siège de l’UMP. C’était l’époque où Pavement donnait du cool à l’idée punk de faire de la musique sans totalement maitriser les instruments, avec la seule ambition probablement de jouer, boire des coups, refaire le monde dans les soirées sans fin, trouver l’amour sans jamais le cueillir, avoir la mélancolie chevillée au corps.

Wonderflu c’est tout cela, une belle madeleine que nous allons croquer comme cette horde de rodeurs que nous sommes, ces zombies de la génération de la vraie musique indépendante, celle que j’essaye de transmettre à ma fille.