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Le rouleau compresseur « Quicksand » n’était pas seulement le bon coup d’une excellente soirée puisque Elly Jackson (la teen-girl 80’s derrière La Roux) nous gratifia ensuite d’un glorieux Lp éponyme. Les références de La Roux n’étaient peut-être pas du goût de tout le monde, mais le fan acharné d’electropop s’y retrouvait avec délectation : entre le Simple Minds conquérant de « Don’t You (Forget About Me) » et le Duran Duran de « Planet Earth » en passant par « Let Me Go » (Heaven 17) et « Vienna » (Ultravox), cette jeune nostalgique des années John Hughes frappait simple mais fort. Pour autant, nous n’imaginions guère Elly Jackson survivre à cet album aux charmes tellement immédiats qu’inévitablement éphémères (du moins, le pensions-nous). De même, après les récents crashs des pourtant fortiches Ladyhawke et Marina & The Diamonds (autres demoiselles obnubilées par les garçons coiffeurs), il était légitime d’envisager La Roux s’en remettre, à l’heure du comeback, à une production exagérément clinquante, à un « Quicksand » ou un « Bulletproof » dopés aux hormones…

Nous ne savons trop si les récentes mésaventures psychologiques d’Elly Jackson (pressions, doutes, divorce sentimental) ont influé sur la mise en son de ce très attendu deuxième album ; toujours est-il que « Trouble in Paradise », sans ne rien perdre de la puissance synthétique d’il y a cinq ans, est un disque beaucoup plus émotionnel et abouti que son premier essai. Les maestrias pop se comptent toujours en rafale (sur onze chansons, nous avons repéré… onze tubes potentiels), mais il y a dorénavant chez notre rouquine adorée une résonnance, une ampleur humaine qui dépassent, et de loin, le simple revival 80’s. Pour rester dans la généalogie hughsienne, nous ne sommes plus ici dans la scène du bal de « Sixteen Candles » mais dans les tendres atermoiements de l’Andie Walsh de « Pretty in Pink » (« Rose Bonbon », par chez nous)…

Disque pudique (ne comptez pas sur Elly Jackson pour se répandre en confessions intimes), « Trouble in Paradise » égrène une collection d’hymnes certes fédérateurs mais toujours empreints d’une production qui aère chaque partie instrumentale, qui donne un souffle inquiet à l’amoncellement de tubes certifiés. L’ombre de « Behaviour » (le chef-d’œuvre absolu des Pet Shop Boys) se ressent parfois : comme chez nos amis Neil Tennant et Chris Lowe, La Roux, émancipée et libre, écrit dorénavant des pop-songs enivrantes pour adultes déprimés. Autant-dire qu’entre Elly Jackson et nous, l’amorce de fiançailles s’est muée en promesse de mariage…




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