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Finalement, à mi-parcours de l’année 2014, la féminité écrase la concurrence musicale. Car s’il fallait impérativement établir une liste exhaustive de nos récents émois discographiques, les filles se tailleraient la part du lion : le dernier Sharon Van Etten, « By The Dozen » de Marie-Flore, la confirmation Jenny Lysander, le génie perturbé d’Annie Lewandowski (Powerdove), la nostalgie de Marie Baraton… Une liste incomplète à laquelle s’ajoute aujourd’hui Flip Grater et son quatrième album, puissant et prenant « Pigalle ».

« Pigalle » donc, titre issu du studio d’enregistrement où la belle néo-zélandaise (d’adoption parisienne depuis peu) posa ses valises et ses envies musicales. Notamment secondée par le guitariste Maxime Delpierre à la production (Limousine, Collectif Slang) et Nicolas Ker (Poni Hoax) à la participation vocale, Flip Grater dévoile onze chansons qu’il serait ardu d’étiqueter. Folk spatial ? Indie-rock canalisé ? Dérives atmosphériques ? 60’s versant cabaret Bad Seeds ? « Pigalle » est surtout une collection de chansons construites sur des humeurs, des sensations et des ambiances parfois éparses. En ouverture, « The Quit » est une fausse douceur qui laisse planer l’ombre du démon, ce que confirme le bien nommé « Diggin’ For The Devil » et ses perturbantes éruptions électriques (un titre qui, en fin d’album, trouvera un répondant via le très accrocheur « To The Devil »). « Exit Sign » évoque l’univers onirique du dernier Lana Del Rey (autrement-dit : entre le réalisme suburbain et l’impromptu cauchemar) pendant que « Hide And Seek » croise Tom Waits et Isabella Rossellini. Avec le judicieux « Hymns », ballade pour les cœurs déchirés, l’auditeur doit combattre les larmes d’émotion qu’il sent monter en lui…

Pour une fois, voici un disque que l’on aimerait garder pour soi, de manière égoïste et probablement déraisonnable. « Pigalle » fait parti de ces albums qui aident à se retrouver seul face à soi-même, dans une tendre intimité n’ayant rien de mélancolique. C’est également pour cette raison que Flip Grater rencontrera l’unanimité… « Torrents d’amour », aurait dit John Cassavetes !




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