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Ma première résolution 2015 sera donc de revenir sur l’un de mes oublis honteux de 2014 pour enfin chroniquer ce superbe album presqu’un an après sa sortie. Ce n’est peut-être pas la meilleure idée de cette année encore débutante puisque presque tout a probablement été dit sur le Grand Tour d’Orouni : tour du monde musical, cartes postales sonores, roadbook pop élaboré avec un casting façon Auberge Espagnole (Jean Thevenin, batteur de Frànçois and the Atlas Mountains, Mina Tindle, Angil and the Hiddentracks, Syd Matters, Les Colettes, entre autres, …) et la participation d’instruments dits « exotiques ». Bref vous savez déjà surement tout cela. Passé un peu (beaucoup) à côté de l’album, c’est à l’occasion d’un (bref) concert aux Trois Baudets que j’ai réalisé à quel point la musique du parisien avait atteint un vrai sommet avec ce troisième disque ouvert et lumineux, enthousiasmant et généreux.

Car ici, le concept voyageur est à la fois un alibi (point de world music ou de fusion multiculturelle marketée ici mais un pur album pop extrêmement bien écrit et composé), et un élément essentiel de cette musique universelle et riche, de celle qui donne immédiatement envie de plaisanter avec son voisin, d’embrasser les gens dans la rue et d’aller à la rencontre des autres, de tomber amoureux, de sourire, de changer d’angle et d’abandonner le cynisme rampant pour une vision plus décalée du monde qui nous entoure. Se rendre compte que la musique conserve ce formidable pouvoir de persuasion et de séduction.

Avec ses merveilleuses compositions ciselées par un orfèvre talentueux, à l’écriture précise et raffinée, Orouni arrive à trouver l’équilibre parfait entre l’ampleur et la douceur, la richesse et l’émotion, le cœur, le corps et l’esprit. D’un Uca Pugilator détonateur frais et pétillant au merveilleux et délicat In The Service Of Beauty, le périple émotionnel se fait en technicolor et en dolby surround : The Sea Castle et ses cuivres bouleversants plantés au milieu d’une ritournelle entrainante, le sautillant Makeshift Fans, l’émotion palpable de Firearms ou encore la cavalcade de Dear Volcano Please, l’ensemble est à la fois pluriel et cohérent. Grâce à un sens visiblement inné de la mélodie, les morceaux s’enchainent avec la force de grands classiques de l’école pop anglaise illuminés par une touche de créativité récréative et impertinente (un genre de french flair musical). À la façon d’un gamin légèrement insolent et trop doué pour se contenter de suivre le manuel. Mais inévitablement attachant. Un disque fait pour durer.

Ce n’était finalement pas une si mauvaise idée de débuter l’année avec un disque aussi bienveillant.

http://orouni.net/