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Qui aurait pensé que le meilleur cinéaste de sa génération allait se reconvertir (à bientôt soixante-dix balais) dans un rock progressif aux inclinaisons synthétiques cheap ? Le premier Lost Themes donnait déjà l’impression d’un vieux maître un peu largué, d’un retraité trompant l’ennui en ressortant ses claviers du placard. Embarrassant…

Cette suite ne change rien à l’inutilité de la chose : Carpenter, qui ne doit vraiment plus trop savoir que faire de ses journées, puise dans les leitmotivs de Prince Of Darkness, Jack Burton et Fog, enrobe le vintage d’une batterie lourdingue et de quelques grattes dont même Alan Parsons en soupçonnerait l’anachronisme. La nostalgie aide parfois à tendre l’oreille (tel gimmick rappelant l’arrivée dans le sanctuaire de Lo Pan, tel autre évoquant la découverte du cylindre oublié contenant le fils de Satan), pour mieux s’en détacher et rejoindre le présent.

S’il est toujours agréable de réécouter les anciennes BOF de Carpenter, cela ne tient qu’à un seul facteur : elles évoquent des images inoubliables, des scènes gorgées d’émotion. Si l’on découvrait aujourd’hui le thème principal de New York 1997, pas sûr, en revanche, que l’enthousiasme atteindrait des sommets.

Le problème des Lost Themes réside peut-être là : BO vieillottes pour films qui n’existent pas, ces compositions manquent d’images qui justifieraient (éventuellement) leurs désuétudes grabataires. Sans Kurt Russel ni Adrienne Barbeau pour chauffer les esprits, cette musique ressemble à une reformation de Coupe De Villes (le propre groupe de Carpenter au moment de Jack Burton). Autrement-dit : à du FM qui envisage l’année 86 comme l’acmé des sonorités électroniques. Mieux vaut retourner voir Assaut pour la 100ième fois…




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