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Faisons bref, nous avons suffisamment perdu de temps cette année, voici 20 disques, et c’est déjà beaucoup, 20 disques que nous estimons être indispensables, et qui pour la plupart furent plus que des compagnons en cette période. 20 propositions comme nous l’avons fait via nos compilations chaque trimestre ou via nos tributes salués par les artistes concernés. Des propositions que nous sommes de plus en nombreux à vous faire grâce à une équipe qui s’étoffe, avec cette unique volonté, partager pour aider.

Bises et meilleures années à tous

gdo

1 - Laetitia Sheriff « Stillness » (Yotanka)

« Stillness peut résonner de mille significations. Calme avant la tempête ? C’est en tout cas un album de combat, en phase avec son époque troublée, à la fois inquiet pour l’avenir et ouvert sur le monde, incitant à se retrouver autant que possible, dans le son saturé de bonnes ondes. J’y retourne. »

2 - Thousand « Au paradis » (Talitres)

« Thousand signe un grand disque de chansons françaises qui refusent de s’asseoir à la grande table, préférant la place du pauvre, enchérissant cette tablée de son écriture sachant mêler brûlure intense de la grande histoire et cicatrice de la petite. Une plongée dans une sainte écriture. »

3 - Mickaël Mottet « Glover’s mistake » (We Are Unique Records)

« Il va donc sans dire ( attention spoiler-alert) que nous sommes ravis de compter le titre éponyme de l’album sur le volume 53 de nos compilations concrétisant ainsi l’enthousiasme de la rédaction d’ADA sur ce disque (en accords) majeur(s) de cette fin d’année 2020 qui au passage confirme (si il en était encore besoin) le rôle majeur de catalyseur du label We Are Unique Records dans nos émotions musicales. A Découvrir Absolument. »

4 - Les Marquises « La Battue » (Les Disques Normal)

« Les Marquises portent à merveille ce nom, l’insularité comme évidence, tant ce duo semble loin de tout, sauf d’une étoile, celle du génie absolue, père de " Spirit of Eden " ou de "Laughing Stock". C H E F D’O E U V R E »

5 - Arnaud Le Gouëfflec « L’Orage » (L’Eglise de la Petite Folie)

« Pour sûr, Arnaud Le Gouëfflec et son gang brouillent les pistes, font la godille mais restent d’une clarté remarquable. Clairvoyants, visionnaires pour ainsi dire. Dépeignant le cours du monde comme celui de nos vies et de nos sentiments en tordant leur langage poétique et sonore dans tous les sens. Il faut entendre. Il faut écouter, le Brestois badinant avec la tempête sonique qui l’enceint pour mieux envoyer chier tous nos maux. Et blam !! Passé l’orage ... Passé l’insomnie ! Alors, je ne sais pas si cet album leur ressemble mais qu’est-ce qu’il est bon, qu’est ce qu’il est beau bon sang ... Merci ! »

6 -Chapi Chapo & Les Jouets Electroniques « Collector » (Music From the Masses)

« Collector est un album original, imprévisible, passionnant et abouti. Il montre toutes les capacités de son interprète à tirer le meilleur du plus improbable des instruments, mais également son talent de compositeur, capable de faire un excellent morceau de trip-hop avec un synthé acheté 3€ sur un vide grenier. »

7 - Sophia « Holding On / Letting Go » (The Flower Shop Recordings )

Le disque devait sortir en 2019, il est arrivé en 2020, il sera encore là, pas loin, à portée de main…en 2021, 2022, 2023…inépuisable.

8 - Cabane « Grande est la Maison » (Cabane records)

« Les multiples visages de ce disque et son rythme sont en écho à une nature qui se renouvelle et se déploie dans les titres. Éternel retour et joie de l’instant, Grande est la maison est léger et profond. Si petite soit ma cabane, que grande demeure ma maison. »

9 - Inflatable Dead Horse « Love songs » (We Are Unique Records)

« Comme un cowboy sans arme, il brave les sentiments (Oh Marie Laure) utilisant Our dans « In Our Backyard » comme s’il avait posé ses valises et construit un endroit ou peut être un jour des fées viendront se poser un soir d’été. Un disque d’amour aux fêlures béantes, un disque poignant aux deux faces troublées, une sensation inconnue depuis le « Not Too Amused » de Sebadoh, Inflatable Dead Horse finissant mieux l’histoire. " Everywhere I go, I feel it But I won\’t talk, I won\’t get stuck with you Everyone\’s so lonely, I dig it But I\’m afraid I can\’t share this with you" Emotion majeure »

10 - Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz « A la ligne - Chansons d’usine » (Ici d’ailleurs)

« Et à l’instar de cet ouvrier s’évadant dans le bien-être procuré par l’écriture, nous ne pouvons imaginer l’existence de Bouaziz, Cloup et Rufié sans leur ciment, leur Xanadu : la musique. En s’immergeant dans le roman de Joseph Ponthus, les trois artistes enregistrent ici un album très personnel, une façon pour eux de dire de quelle façon la résistance est-elle toujours possible : par l’Art. »

11 - The Apartments « In And Out of The Light » (Talitres)

« Que dire, pourquoi chroniquer ce qui ne l’est pas, trop grand, trop fort, creusant trop en nous pour ne pas nous empêcher d’en parler. Les disques de The aApartment à l’instar des derniers Nick Cave sont des disques qui ne peuvent souffrir de la moindre glorification de sa propre plume, qu’elle soit lyrique ou informative, pâle ou enflammé, ces disques invitent le silence qui lui seul pourrait s’imposer. Ce nouveau The Apartments a l’art de clarifier nos vies en obscurcissant notre horizon. »

12 - Chasseur « Crimson King » (Autoproduction)

« Par le prisme d’un être vivant figé, mais aux histoires multiples, Chasseur signe un grand disque de deuil qui comme l’arbre qu’il célèbre prolonge quelque part la vie de ceux qui le nourrissent. Touché en plein cœur. »

13 - Matt Elliott « Farewell to all We Know » (Ici d’Ailleurs)

« Matt Elliott comme le vin se bonifie avec l’âge. Cet album fait déjà figure de classique (à la manière d’un Leonard Cohen), tant il sonne juste à chaque note, chaque mot, et où chaque arrangement prend sa place pour magnifier le propos. »

14 - Centredumonde & Calire Redor « The Sweet Kiss EP » (Autoproduction)

« Et puis, on ne le dira jamais assez, Joseph Bertrand écrit des paroles parmi les plus réconfortantes de l’époque. Alors oui : tristesse… spleen… morosité. Probablement. (Encore que : depuis l’album Tigre, avec états d’âme, une lumière devient de plus en plus palpable chez Centredumonde). Sauf que cette mélancolie est saine, jamais dans le registre de l’auto-apitoiement (guère le genre de Joseph), parfois suffisamment distanciée pour que son auteur puisse en sourire, une mélancolie finalement commune à tous. L’une des nombreuses forces de Joseph Bertrand est justement de ne pas refuser d’écrire sur ce qui généralement ne dépasse jamais le stade du secret intime ou de l’inavouable. Artiste essentiel, donc. »

15 - Octave Noire - Monolithe » (Yotanka)

« Les morceaux qui semblent ne pas vouloir nous quitter, ne pas vouloir se finir, sont tous mués par le seul but de nous emmener loin, avec la douceur d’une brise qui sait aussi se faire rafale quand il s’agit de nous secouer par des émotions troublantes, comme sur un « J’ai Choisi » pendant lequel Dominique A, tout remué, se trouve dans une environnement qui lui sied à merveille tout en le chahutant. Les autres invités que sont ARM ( « Monolithe Humain » comme la bande son d’une BD de Enki Bilal) et Mesparrow (« Parce que je suis » duo entre sensualité et traversée d’un long tunnel inquiétant) rentrent totalement dans l’univers d’Octave Noire, ne dénaturant pas, se frottant, pour mieux faire jaillir des étincelles. « Monolithe » pourrait bien donner un souffle nouveau à la chanson d’ici, un disque à la rigueur plastique sans équivalent actuellement, un sans-faute classe et étourdissant. »

16 - Vertige « Populaire » (Label At(h)ome)

« Alors votons Vertige, écoutons Vertige, partageons Vertige et souhaitons que nos descendants prennent possession de la rue, le poing serré en l’air, vindicatif, mais aimant, car l’avenir que nous leur proposons est indigne de nous, et la rage parfois sourde du disque nous le fait bien entendre. Disque d’une génération qui voudra ne pas perdre, sans haine, avec amour. Un vertige. »

17 - Superbravo « Sentinelle » ( FRACA !!!)

« Langoureuses ou acides, des fois plus lyriques, d’autres plus abstraites, les chansons raffinées de cette Sentinelle ont littéralement plongé en nous. Sans encombres, doucement mais sûrement. Et, à l’arrivée, entre projection fantasmée et sensation introspective profonde, on est encore à se demander si ces fragments nonchalament disséminés qu’on soupçonnait par endroit autobiographique, ne constitue pas les éclats d’un portrait morcelé qui nous ressemble étrangement. Vraiment troublant ... mais, quel plaisir, finalement, d’être ainsi troublé. Merci ! « 

18 - Versari “ Sous la Peau » (T-Rec / Inouïe Distribution)

« On ne saurait passer sous silence le visuel réalisé par Jérôme Colliard à partir d’une peinture de James F. Johnston « master performer portraying death » et qui colle si bien à la musique, à sa flamboyance. De la belle ouvrage assurément pour Versari qui nous comble et nous effleure en profondeur avec son album « sous la peau ». »

19 - Eskimo « Que Faire de son Coeur ? » (Autoproduction)

« À la fin du disque, on n’est pas sûr de pouvoir répondre à la question qu’il pose, aussi désarmante soit-elle. À moins que la réponse soit tellement évidente qu’on n’y ait simplement pas songé : que faire de son cœur ? Le laisser fondre, bien sûr. »

20 - Reigns « The Walled Garden » (Wrong Speed Records)

« Certainement le disque avec le magnétisme le plus fort de cette année. Nous n’aurons pas trop d’une vie pour faire le tour de cet objet qui détonne dans l’univers actuel pourtant déjà déroutant. La force sonore et le grain font de ce disque une œuvre époustouflante. »

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